Brabant Wallon De la paille pour retenir la boue, c’est le pari réalisé sur le sol ottintois

Ces dernières années, la Belgique a été régulièrement soumise à d’intenses épisodes orageux. Lesquels ont souvent généré d’importants dégâts en raison d’inondations causées par les fortes précipitations. Et le Brabant wallon n’est évidemment pas épargné. Si des communes comme Genappe, Orp-Jauche ou encore Court-Saint-Etienne ont été durement touchées ces dernières années, quasiment aucune commune brabançonne n’est à l’abri. Même des villes comme Waterloo ont été récemment touchées par des inondations.

Mais les dégâts causés par une montée des eaux dans des caves ne sont sans doute rien en comparaison aux coulées de boue qui peuvent envahir non seulement les voiries mais également les rez-de-chaussée d’habitations, détruisant tout sur leur passage.

Pour lutter contre ce phénomène, la commune d’Ottignies s’est adjoint depuis 2013 les services de la cellule Giser de la Région wallonne, spécialisée dans le ruissellement et les eaux boueuses. "En 2011, nous avons fait appel à des bureaux d’études spécialisés pour analyser les bassins versants de la commune, précise l’échevine de l’Environnement, Julie Chantry. Dix bassins versants problématiques ont été identifiés. Avec les mesures qui pourraient être mises en place pour éviter les coulées de boue."

Le Giser est ensuite entré dans la danse et a émis toute une série de propositions. Un plan d’action a été mis en place avec notamment la pose de 25 fascines dont la dernière vient d’être installée en aval d’un champ surplombant le quartier de la Boisette, durement touché par des coulées de boue en 2016.

Auparavant faites de branchages, les nouvelles fascines sont désormais faites de paille. Avec l’avantage d’être plus efficaces pour retenir les boues tout en étant moins chères. "Nous essayons à chaque fois de travailler en amont du problème, confie Julie Chantry. Si on limite l’écoulement des eaux en amont, il y a moins de problèmes en aval. Ces fascines ont cet objectif. Et elles seront analysées régulièrement, notamment après un gros orage, pour connaître leur état. Pour poser ces fascines, un important travail de négociation a lieu avec les agriculteurs pour qu’ils les autorisent ou créent des zones enherbées pour freiner l’écoulement des eaux."

Depuis l’installation de ces fascines, les zones concernées auparavant par les coulées de boue semblent avoir été épargnées. "Si elles devaient de nouveau être touchées, nous prendrions d’autres mesures. Par ailleurs, le Giser rend à chaque fois un avis lorsqu’un nouveau projet immobilier voit le jour. Et si ce dernier se trouve dans un axe de ruissellement, on informe le porteur du projet des risques pour qu’il modifie son projet."