Brabant Wallon Handicapé, Jean-Marie déplore l’interdiction de circuler aux abords du canal

Depuis de nombreuses années, Jean-Marie Ramlot est un amoureux de la pêche. Une passion qu’il exerce sur le canal Bruxelles-Charleroi à hauteur d’Ittre. Enfin, qu’il exerçait. On peut parler au passé puisque, depuis plusieurs mois, il n’en a plus la possibilité.

Handicapé, pour éviter de faire plusieurs centaines de mètres à pied avec tout son matériel de pêche sur le dos, Jean-Marie se garait le long du RAVeL. Mais à présent, ce n’est plus possible sous peine de trouver une prune sur son pare-brise. "Cela fait bien vingt-cinq ans qu’on se garait là, en prenant soin de ne pas gêner la circulation. Maintenant, ce n’est soudainement plus possible. Ce n’est pas normal", déplore-t-il.

Et si l’interdiction n’est pas neuve, son application, elle, l’est ! "C’était toléré mais, depuis deux ans, ça ne l’est plus. Ce que j’aimerais, c’est qu’à cause de mon handicap, on me permette d’obtenir une dérogation. Il m’est impossible de trimballer mon matériel de pêche sur 300 mètres. Du coup, je ne sais plus aller pêcher. Certains m’ont dit d’aller près du pont mais l’endroit n’est vraiment pas propice à la pêche. Si j’y vais en semaine, il y a une quinzaine de bateaux qui passent et qui font fuir les poissons."

Une dérogation qu’il aimerait obtenir… au même titre que d’autres privilégiés. "Ce que je ne comprends pas, c’est qu’il y a une dérogation pour les bateliers à demeure qui peuvent aller en voiture et se garer. Pourquoi eux l’obtiennent alors qu’ils peuvent aussi encombrer la route ? Même chose pour ceux qui ont un bateau de plaisance et qui peuvent circuler le long du canal. On ne fait rien pour aider les personnes qui souffrent d’un handicap."

Un problème qui dépasse largement les frontières de la commune, selon Jean-Marie. "Je parle en mon nom propre mais je sais que je ne suis pas le seul à connaître ce problème. Quant à la commune, elle ne peut rien faire. C’est l’administration des voies navigables qui entre en ligne de compte. La seule chose que les autorités communales puissent faire, c’est envoyer des policiers qui viennent mettre des amendes. Malheureusement, c’est un problème que l’on rencontre beaucoup sur le canal Bruxelles-Charleroi", conclut cet Ittrois qui aimerait obtenir une dérogation qui lui permettrait de continuer de s’adonner à sa passion : la pêche.