L’accusation veut qu’on parle de meurtre

V. F. Publié le - Mis à jour le

Brabant Wallon

Pour l’avocate générale, Michel Tanton avait la volonté de tuer Patrick Collard

JODOIGNE “Comment un homme a-t-il pu en arriver à tuer un ami avec lequel il venait de passer la soirée, pour occuper la place avant d’un véhicule ? La victime n’est plus là pour répondre. Et l’accusé, lui, dit qu’il ne se souvient pas. C’est facile d’oublier. La maman de Patrick Collard, elle, ne l’a pas oublié. Il lui manque tous les jours…” M e Stéphanie Roels, un des conseils de la partie civile, a entamé sa plaidoirie hier devant la cour d’assises du Brabant wallon en insistant sur le drame humain qu’a provoqué Michel Tanton, dans la nuit du 20 au 21 juin 2010, lorsqu’il a porté plusieurs coups de couteau mortels à un de ses compagnons de sortie.

“Une querelle stupide pour occuper la place du mort dans un véhicule trop petit” , a appuyé Me Karl Steinier, l’autre avocat de la mère de la victime. Mais pour l’essentiel, la journée d’hier devant la cour d’assises du Brabant a tourné autour de la qualification à donner à l’acte irréparable commis par l’accusé au terme d’une soirée de beuverie.

Depuis le début, Michel Tanton affirme qu’il n’a pas voulu tuer Patrick Collard. La partie civile, elle, estime que cette intention de tuer était bien présente. Et qu’il s’agit donc d’un meurtre.

Du côté de l’accusation, l’avocate générale Carole Fruy a indiqué aux jurés, hier, qu’elle n’avait aucun doute à cet égard. En se basant sur plusieurs éléments : la localisation des blessures, dans le cou qui est une zone vitale; le fait que l’accusé ait donné plusieurs coups de couteau avec une telle force que la lame de plus de 9 cm est entrée jusqu’à la garde, sectionnant la carotide et coupant le larynx de Patrick Collard; la réaction de fuite de Michel Tanton après les faits…

L’avocate générale a expliqué que même en admettant que la volonté première de l’accusé n’ait pas été de tuer – ce qu’elle ne croit pas -, l’intention homicide au sens pénal du terme est établie lorsque l’accusé met en œuvre des actes et des moyens qui, en toute logique, ne peuvent mener qu’à la mort.

Les avocats de la défense tâcheront de convaincre les membres du jury, ce matin, qu’on n’est pas dans ce cas de figure.



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