Brabant Wallon 59,29 hectares d’arbres (+/- 2.700 m3) seront prochainement abattus…

L’information fait l’effet d’une bombe… Si le dossier va au bout, la base aérienne de Beauvechain va être tout bonnement rasée de ses arbres. Ni plus ni moins que 59,29 hectares seront abattus, ce qui représente un volume estimé à 2.700 m2, soit la quasi-totalité de la surface boisée.

Inutile d’écrire que les conséquences environnementales seront catastrophiques, sans parler des autres désagréments et soucis que cela pourra entraîner…

Un véritable coup-de-poing dans le paysage rural de cette commune où il fait bon vivre ! Imaginez les vues sur ces bâtiments d’un autre âge… Et puis, ce n’est pas tout, mais si les avions et les hélicoptères font du bruit en vol, il ne faut pas oublier qu’au sol, une nuisance sonore est également à prendre en compte. Si actuellement les surfaces boisées atténuaient le bruit, à l’avenir il n’en sera plus rien…

N’oublions pas non plus que les arbres et autres zones de buissons ralentissaient également les ruissellements d’eau… Quelles seront les répercussions sur les habitations proches de la base en cas de fortes pluies ?

Forcément, le dossier est sensible et les interlocuteurs contactés peinent à délier leur langue. C’est qu’on ne s’attaque pas à l’armée sans crainte…

La DNF et les associations environnementales ou encore les autorités communales sont frileuses, dans l’état actuel du dossier, à se positionner publiquement.

Pourtant, tous seraient informés du dossier. Mais ont-ils mesuré l’impact ? Actuellement, pour beaucoup, seul la réhabilitation du dépôt munition (zone M) était évoquée (voir ci-dessous) mais de là à imaginer que l’armée avait la volonté d’aller si loin,…

Le dossier évoque une valorisation du bois par vente : biomasse… "Allons donc, c’est du n’importe quoi… On ne saura jamais le prouver mais il y a plutôt lieu de prospecter au niveau du lobbying de la chasse en interne, à l’armée !"


Le dépôt munitions réhabilité en… prairie

Cette zone représente un intérêt environnemental exceptionnel avec des espèces rares.

Lorsqu’elles ont appris la nouvelle, nombreuses sont les personnes conscientisées par l’environnement, la protection de la nature et l’amour de la faune et de la flore à s’être offusquées de la décision que s’apprête à prendre l’armée.

La réhabilitation du dépôt munitions en prairie, telle que le dossier de l’armée la présente, c’est tout bonnement inacceptable pour les amoureux de la nature. "Cette zone est exceptionnelle, elle représente un habitat naturel de grande qualité, on y retrouve des espèces rares. Prenez la tourterelle des bois, par exemple. Il n’y a qu’à cet endroit qu’on la retrouve ! Voilà une vingtaine d’années que cette zone M n’est plus utilisée. La nature y a repris ses droits, la faune y est parfaitement installée…"

Tous les spécialistes le confirmeront, cette zone revêt des intérêts multiples. Chaque année, des balades y sont organisées, attirant de nombreux spécialistes de l’ornithologie.

Nous avons tenté de joindre la DNF afin d’avoir un avis sur la question. Aucun commentaire ne sera fait. Tout au plus, nous apprenons qu’une seule convention existe entre l’armée et la DNF pour Beauvechain mais elle concerne une autre partie du camp, du côté de La Chise… Et lorsque la DNF apprend que le colonel Vandenberk indique avoir trouvé un consensus avec eux au sujet de l’abattage à effectuer, on n’aura pas plus de réponses, même si nous avons ressenti un certain dépit. La DNF confirme par contre qu’elle est bien chargée de la mise en exécution du cahier des charges, insistant sur le fait que ce n’est pas parce qu’elle réalise cette tâche qu’elle avalise le contenu.

Quant aux arguments de sécurité cités par le colonel, plusieurs voix s’étonnent. "Cela veut-il dire que jusqu’à présent, l’armée a cautionné un réel danger pour ses hommes ? Et puis, faut-il dès lors couper tous les arbres qui longent les routes en Belgique ? Sans ces bois, les animaux n’auront plus aucun mal à accéder aux pistes, n’est-ce pas plus dangereux ?"