Brabant Wallon Le nombre de dossiers ouvert a explosé depuis les années 2000 : + 50 %

Vendredi dernier, un important trafic de stupéfiants a été démantelé au départ de Wavre et de Louvain-La-Neuve, après plusieurs semaines d’écoutes téléphoniques, de recoupements et de planques de policiers (lire DH de samedi). Une longue et fastidieuse enquête qui a fini par déboucher sur trois arrestations.

Un dossier qui témoigne à lui seul de l’état d’esprit dans lequel se trouvent les forces de l’ordre du Brabant wallon : la lutte contre les trafics de stupéfiants est petit à petit devenue une priorité dans une province qui, il y a quelques années, était encore relativement épargnée par la problématique.

Il faut dire que pas moins de 1.654 dossiers de stupéfiants ont été ouverts l’an dernier. Soit une hausse de 51,5 % par rapport aux années 2000. "Le phénomène est en forte augmentation tant au niveau de la vente que de la consommation, déplore le procureur du Roi de Nivelles, Jean-Claude Elslander pour qui la poursuite des dealers reste l’une des priorités absolues en Brabant wallon. Le petit consommateur reste une victime. Ce sont les dealers qu’il faut mettre hors d’état de nuire."

Pas facile : la consommation de cannabis semble ainsi être tolérée par la population alors qu’elle reste illégale. "Il y a une sorte d’acceptation sociale, poursuit Jean-Claude Elslander. Quand ils voient quelqu’un fumer du cannabis, les gens ne se tracassent plus. Pour eux, c’est devenu normal. Or, les gens deviennent de plus en plus dépendants et se dirigent de plus en plus vers les drogues dures."

Chef de corps de la zone de police d’Ottignies-LLN, le commissaire Maurice Levêque confirme. "Le contrôle social ne marche pas, confie-t-il. On sera avertis si Monsieur tape sur Madame mais pas en matière de drogues. Pourtant, il y a des victimes et des salopards qui en profitent. Parfois, on pense que c’est un petit dealer local qui ne fait pas grand mal en vendant son cannabis. Mais il peut s’agir d’un trafiquant qui s’approvisionne à Anvers et livre un peu partout en Belgique. Au sein de la zone de police, on a donc fait un investissement beaucoup plus important au niveau des formations de nos enquêteurs et des outils mis à leur disposition."

Depuis quelques années, les zones de police ont multiplié les arrestations. Mais c’est encore la détention qui reste le plus punie avec 1.190 dossiers ouverts en Brabant wallon l’an dernier contre 250 pour le commerce, 62 pour l’importation et 46 pour la fabrication. "On a de plus en plus affaire à des trafics internationaux avec des drogues dures comme la cocaïne, précise le procureur du Roi. Avec des kots qui sont transformés en laboratoire à Louvain-la-Neuve. Ce ne sont plus des étudiants qui dépannent leurs amis mais de vrais professionnels de la criminalité. Et ce qui est extraordinaire, c’est qu’aucune information ne sort. C’est au su et au vu de tous que de tels trafics se déroulent. C’est devenu banal".

L’an dernier, 358 dossiers ont été ouverts en matière de stupéfiants. Dont 266 pour détention et 67 pour trafic. Pour le commissaire Levêque, il faut donc continuer à enfoncer le clou. Notamment car cette consommation peut aussi avoir des répercussions sur la sécurité routière en elle-même. L’an dernier, 52 conducteurs ont été contrôlés sous influence de produits stupéfiants. "Les consommateurs sont très agressifs la nuit lorsqu’on les contrôle. Ils sont parfois très violents. Ils prétendent n’avoir rien fumé depuis la veille. Mais c’est ignorer le fait que la drogue reste présente dans le sang pendant deux jours. Durant tout ce temps, le risque d’accidents est amplifié car les réflexes sont altérés.