Brabant Wallon

Le président du MR Jean-Paul Wahl a soumis l’idée. Laquelle ne suscite pas l’enthousiasme

Au mois de janvier prochain, quinze communes flamandes fusionneront pour ne plus faire que sept entités. Ce sera notamment le cas des communes de Kruishoutem et de Zingen en Flandre Orientale. Objectif avoué : faire des économies d’échelle, notamment sur l’acquisition de matériel. Inutile d’acheter deux fois une machine alors qu’une seule pourrait suffire. Idem avec le personnel communal, qui pourrait être affecté à d’autres tâches.

Ces fusions communales, plus populaires au nord qu’au sud du pays, ont fait germer dans l’esprit du bourgmestre en titre de Jodoigne, Jean-Paul Wahl, l’idée d’une nouvelle fusion des communes en Brabant wallon.

Principalement visées par le président de la fédération MR du Brabant wallon : les communes de l’est de la province. Soit celles qui jouissent d’une densité de population plus faible.

L’idée de fusion est loin de réjouir les responsables politiques des communes de l’Est (lire ci-dessous), mais Jean-Paul Wahl veut tout de même lancer le débat, à l’aube des élections communales. "La population augmente, la vie se complexifie et les communes ont de plus en plus de matières à traiter, nous expliquait-il au mois de mai. Mais les moyens financiers sont difficiles à faire suivre…"

Jean-Paul Wahl souhaiterait donc former des entités administratives constituées de 30.000 à 50.000 habitants, dirigées par un seul collège communal, mais où chaque commune actuelle conserverait son autonomie. "Cela permettrait de mener une politique supra-communale beaucoup plus efficace et avec les moyens financiers adéquats. Des économies d’échelle seraient faites, que ce soit en matière de matériel ou de personnel communal. Le nombre d’employés ne serait pas diminué, mais ils pourraient être plus spécialisés…"

À cinq semaines des élections communales, le débat est lancé.

Réacttion de Léon Walry, bourgmestre d’Incourt

"Notre position à Incourt est de rester autonomes ! On fait d’ailleurs le mieux que l’on puisse depuis toujours. Tout est fait au niveau communal pour être dynamique, pour créer et proposer des choses aux habitants et, surtout, en veillant à aller chercher les moyens là où ils sont. Cela prend toutefois du temps, beaucoup trop de temps même, mais on y arrive toujours au final. N’oublions pas non plus qu’à Incourt nous nous trouvons dans les communes les moins taxées en Wallonie et on tient à ce que cela reste ainsi pour les Incourtois ! Je ne veux donner de leçon à personne et, de notre côté, on veille à faire comme on peut. Cela ne nous empêche toutefois pas de se rassembler avec les six bourgmestres de l’est du Brabant wallon, à raison de quatre fois par an, afin de faire le point ensemble. On s’entend super bien mais on n’entre pas dans le formalisme pour autant !"

Réaction d'André Antoine, bourgmestre de Perwez

"Je ne suis pas favorable à une fusion qui serait imposée. Je lui préfère une mutualisation des moyens. Si certaines communes souhaitent fusionner, qu’elles le fassent. Mais je pense qu’il faudra d’abord procéder à une consultation populaire pour savoir ce que veulent les citoyens. Il faut savoir que, depuis la dernière fusion des communes (NdlR : en 1977) , la population des communes de l’Est a grimpé de parfois 40 %. On a amélioré le cadre de vie avec des infrastructures telles que des écoles, des hôtels de ville, des centres sportifs… Que fera-t-on de ces infrastructures ? Selon moi, une fusion amènerait inévitablement une diminution des services au citoyen. Il ne faut pas non plus oublier que si certaines communes souffrent financièrement, c’est parce que le fédéral fuit ses responsabilités. Il était par exemple censé financer la zone de secours à hauteur de 50 % mais ne le fait qu’à 22 %. Et ce sont les communes qui doivent assumer derrière…"

Réaction de Carole Ghiot, 1ere échevine à Beauvechain

"Il y a deux possibilités, la fusion ou la supracommunalité. Les deux formules méritent d’être étudiées. Je prône toutefois la seconde option et plutôt comme la communauté des communes en France. Je voudrais signaler qu’on travaille déjà de la sorte avec les zones de police et la zone de secours. C’est important mais cela a un coût. Il ne faut toutefois pas éloigner le citoyen des discussions. Il ne faut pas éloigner le pouvoir des citoyens. La proximité devra rester au rendez-vous. Mais ce sera utile pour cofinancer des projets plus conséquents comme une maison de repos, une piscine ou encore un centre médical… Attention toutefois à l’impact sur les taxes. Beauvechain ne doit pas subir les conséquences alors que nos finances sont saines. Mais une supracommunalité, tout le monde y sera gagnant pour autant que l’on garde nos spécificités locales !"

Réaction d'Hugues Ghenne, bourgmestre d’Orp-Jauche

"Il est hors de question pour moi de fusionner les communes mais, je ne suis pas dupe non plus, il sera impossible à l’avenir de travailler sans développer des synergies. Les moyens des communes sont rabotés chaque année un peu plus et il n’est plus possible de développer seuls des projets d’envergure. Donc, je dis clairement oui à la supracommunalité. Nous avons par exemple déjà des échanges en ce sens et des accords où les choses se passent très bien, comme pour la culture, qui avait du mal sur la commune. Depuis, nous avons développé une excellente collaboration avec le centre culturel de Jodoigne et la culture revit à Orp-Jauche. Nous avons également le Gal qui permet une multitude d’actions intéressantes, que nous ne pourrions pas proposer aux habitants si nous devions en supporter seuls les coûts et les moyens humains pour les développer mais aussi les pérenniser."