Le park&ride inquiète toujours

Yannick Natelhoff Publié le - Mis à jour le

Brabant Wallon

Le collectif Urbaverkoi s’oppose toujours à la création du parking de 3.500 places

LOUVAIN-LA-NEUVE Le dossier de Park&Ride de Louvain-la-Neuve continue de susciter pas mal de débats au sein de la cité universitaire. D’un côté, il y a ceux qui voient, en la création de ce parking de 3.500 places, un grand pas en avant pour la mobilité, ce parking ayant pour objectif principal de desservir la future gare RER de Louvain-la-Neuve et ainsi favoriser les trajets en train vers Bruxelles au détriment de la voiture.

De l’autre, il y a ceux qui estiment que la construction de cette infrastructure de cinq niveaux nuira à la qualité environnementale du site néolouvaniste et contribuera à augmenter de manière non négligeable le trafic de transit à travers Louvain-la-Neuve.

Pour rappel, le permis unique destiné à la construction de ce vaste parking le long du boulevard de Wallonie avait été accordé en février. Mais l’association des habitants de Louvain-la-Neuve avait fait part de son étonnement : le trafic de transit avait été insuffisamment pris en compte dans l’étude d’incidences. Résultat : pour éviter une annulation quasiment inévitable du permis octroyé, les auteurs de projet ont réalisé un complément d’étude de près 150 pages aujourd’hui à l’enquête publique.

Parmi les opposants au projet, figure le collectif Urbaverkoi. Et ses arguments ne manquent pas. “Dans l’étude principale, le public-cible envisagé est constitué des automobilistes remontant la E411, commentent ses membres. Or, le complément d’étude de mobilité conclut de manière surprenante que ce premier public-cible préférera prendre le train bien en amont ou continuer en voiture jusqu’à Bruxelles !”

Et de souligner les effets pervers de la présence d’un tel parking. “S’il va libérer de l’espace sur l’autoroute, il va aussi créer un effet d’appel pour d’autres voitures. Ce parking détournera les utilisateurs actuels d’autres gares plus proches de chez eux vers celle de LLN, pour des raisons de confort de parking, de fréquences plus élevées et d’absence de changement à Ottignies notamment.”

Le collectif Urbaverkoi – qui dénonce aussi une pétition dite trompeuse en faveur du parking et diffusée via l’UCL – estime que l’étude d’incidences et son complément de 150 pages se contredisent en matière de mobilité tandis que les objectifs visés par le RER en matière de navetteurs ne seraient pas suffisamment définis. “Nous invoquons ici le principe de pertinence : un projet doit résoudre plus de problèmes qu’il n’en produit. Les problèmes qui découleront de celui-ci sont nombreux et d’ampleur, bien que trop peu étudiés. Et sa contribution à résoudre les problèmes de mobilité d’aujourd’hui et de demain nous apparaît comme plus qu’incertaine et, au mieux, très limitée dans le temps. C’est pourquoi nous maintenons plus fermement encore notre opposition radicale à ce projet. Nous demandons encore une fois que ce permis unique soit refusé.”



© La Dernière Heure 2012
Publicité clickBoxBanner