Brabant Wallon Avec Lettres à Elise, les Baladins du Miroir proposent un spectacle simple et poignant

La première ligne et les tranchées d’un côté. La vie sans les hommes et face à ceux qui ont tenté de profiter du conflit de l’autre. Deux réalités qui constituent les deux pans parallèles et complémentaires de Lettres à Elise, le dernier spectacle en date des Baladins du Miroir.

Une création qui vient d’être jouée à trois reprises sous le petit chapiteau, à Thorembais-les-Béguines. Le sujet est grave : le quotidien d’un instituteur devenu soldat et de sa femme. Le premier est au front. La seconde tient la maisonnée, l’école… à bout de bras. Tous les deux correspondent par courriers. Avec un point commun : la volonté de rester positif pour ne pas décourager l’autre. Pourtant, les raisons de se plaindre sont multiples, pour l’un comme pour l’autre.

Réalisme oblige, la mort est présente… des deux côtés, donnant aux quelque nonante minutes de représentation une touche de réalisme accentuée par la mise en scène épurée de Nele Paxinou mais compensées par le pouvoir d’évocation du texte de Jean-François Viot et des deux uniques comédiens que sont Sophie Lajoie et Jean-Marie Pétiniot.

Les blessures, les épreuves, bref, le quotidien n’est pas rose. L’humour est cependant présent dans le spectacle, souvent de manière ironique… ou scolaire. Un exemple ? "Un obus coûte 3.000 francs. Un soldat gagne en moyenne 80 centimes. Combien de jours ce soldat doit-il rester vivant pour valoir un obus ?"

Résultat final, on rit jaune, on s’émeut, on se rappelle combien le conflit fut dur dans les tranchées mais aussi dans l’arrière-pays, on entend les coups de canons, on sent presque le gaz moutarde… On se (re)met en tête que 1914-18, ce furent quatre années d’horreur avant de constituer d’inévitables chapitres dans les livres d’Histoire. Lettres à Elise ne constitue donc pas un moment plaisant ou divertissant. Lettres à Elise est poignant. Et c’est tant mieux. Reste à espérer que le spectacle pourra tourner et être vu du plus grand nombre, adolescents compris. G. H.