Brabant Wallon Les hommes du feu de Wavre sont intervenus six fois dans la nuit de jeudi à vendredi

Lorsque l’on devient pompier, on le sait, la majorité des interventions se fait en ambulance. Les gros incendies se comptent sur les doigts d’une main. Mais du côté des hommes du feu de Wavre, la coupe est pleine. Ras-le-bol d’intervenir sur le campus de l’UCL pour des jeunes qui n’arrivent pas à gérer leur consommation d’alcool ou qui se battent ! " Très clairement, on a autre chose à faire que de jouer les taxis pour emmener des étudiants qui ont trop bu à l’hôpital ", déplore, irrité, un pompier local.

Rien que dans la nuit de jeudi à vendredi, les pompiers de la cité du Maca ont été sollicités à six reprises pour des abus d’alcool et des bagarres à l’UCL. "Les nuits du mardi et du jeudi sont celles où nous intervenons le plus souvent sur le campus. En cause : les deux plus gros cercles qui font la fête."

Car ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que, quand les pompiers sortent pour ce genre d’interventions qui pourrait être évitable, c’est toute la caserne qui en paye les conséquences. "Nous sommes obligés d’appeler des gens en renfort pour assurer le service. Il est déjà arrivé qu’on doive faire appel à une autre caserne pour compléter notre effectif pour intervention qui se situe sur le territoire de Wavre ! Franchement, si jamais il devait se passer quelque chose de grave, j’espère que cela n’arrivera jamais, on pourrait courir à la catastrophe à cause de ces sorties pour des jeunes qui ne savent pas boire."

Plus concrètement, les hommes du feu de Wavre aimeraient que les cercles et la direction de l’université prennent leurs responsabilités et s’occupent de ce problème. "Dans le cas des cercles, quand quelqu’un a trop bu, il faut l’encadrer et s’occuper de lui. Ne plus lui redonner à boire, le raccompagner jusque chez lui. Le recteur doit également prendre ses responsabilités car cela se passe sur le campus. Il ne faut pas se voiler la face ou nier les faits. Il est temps d’agir avant que quelque chose de grave ne se produise, tant à l’UCL qu’ailleurs", conclut un pompier wavrien véritablement excédé par la situation qui se répète bien trop souvent à son goût !

Trois questions à Didier Lambert, vice-recteur de l'UCL

1Etes-vous au courant de ces débordements à répétition ?

" Oui car nous recevons les rapports de sociétés de gardiennage par rapport aux infrastructures. Mais de là à dire que l’université est responsable du comportement des étudiants, qui sont adultes je le précise, je ne partage pas cet avis. "

2Vous comprenez l’inquiétude des pompiers ?

" Oui tout à fait. Je comprends leurs inquiétudes et leurs préoccupations. De notre côté, nous essayons d’ailleurs de réguler ce que nous pouvons. "

3Concrètement, que faut-il faire pour lutter contre ce problème ?

" Nous avons limité les heures d’ouverture des salles d’animation et nous avons une convention de location. Je pense par contre que la Ville pourrait intervenir avec un règlement de police qui régulerait de manière encore plus sévère les activités estudiantines. "