Brabant Wallon Philippe Mathis (CDH) ne se représentera plus à aucun scrutin politique

Engagé en politique depuis 1988, Philippe Mathis a pris le train vers d’autres projets professionnels et humanitaires. En Brabant wallon, la presse l’avait surnommé "Monsieur RER" pour sa vision et son acharnement.

Prochainement, qu’espérez-vous voir en premier : l’arrivée du RER ou la mort de la Province ?

Très bonne question ! Je pense qu’on va d’abord avoir le RER. Même si la Province est une couche institutionnelle de trop, je pense que sa refonte, et peut-être pas sa suppression, arrivera plus tard.

D’où vient cette passion pour la mobilité ?

J’ai toujours été passionné pour les modes de transport alternatifs à la voiture. Dès les années 90, j’ai été visionnaire en demandant la construction d’un RER autour de Bruxelles. Pour moi, le train est le mode de transport le plus agréable s’il est à l’heure et qu’il y a de la place. Aujourd’hui, ce dont je suis sûr, c’est que le vélo électrique a un avenir.

Vous étiez un peu le lanceur d’alerte en Brabant wallon…

Je l’ai été avant l’heure. En 1990, personne n’était convaincu d’un RER en Brabant wallon. Aujourd’hui, nous pouvons être rassurés, il verra le jour. Mais quand même, en termes d’échéance, c’est une catastrophe ! Nous sommes les champions du monde pour construire 45 kilomètres de voie ! Par contre, en termes de RER-BUS, j’ai pu agir. J’ai mis en place le premier Proxibus de la commune, en 1998. Vingt ans plus tard, j’ai pu œuvrer pour un deuxième Proxibus, et gratuit.

Vous, le visionnaire, comment voyez-vous La Hulpe en 2050 ?

Il faudra soigner les intérêts urbanistiques. Il ne faut pas que La Hulpe ait les travers des autres communes comme Waterloo, même si Waterloo fait beaucoup d’efforts. La Hulpe va croître gentiment mais de manière maîtrisée. Le plus compliqué sera d’éviter que les jeunes ne partent. Éviter que La Hulpe devienne un ghetto pour riche.

Et la province en 2050 ?

En investissant dans les infrastructures de mobilité et penser le Brabant wallon autour de ses gares. Il faudra aussi être performant et précurseur dans les défis environnementaux. Un de mes regrets, c’est qu’on n’a pas assez investi dans la coopération au développement. Nous sommes une province riche mais de grâce, pensons un peu aux autres !

En trente ans de vie politique, un regret ?

Le manque de vision à la Province. Les deux dernières majorités successives ont mis douze ans pour obtenir un plan provincial de mobilité. Douze ans pour faire un diagnostic !

Avec le changement de majorité à Namur (MR-CDH), espérez-vous voir le CDH dans une majorité avec le MR à la Province ?

Oui. Ce serait une logique.