Brabant Wallon Le patron d’Erji Garden affirme qu’il n’a pas mis le feu à ses locaux de Corbais

Le tribunal correctionnel a consacré jeudi une journée entière à l’examen du dossier Erji Garden, du nom de la société qui, jusqu’en 2008, vendait des piscines, des jacuzzis et des spas à Corbais (Mont-Saint-Guibert).

Le 13 août 2008, alors que la société connaissait d’importantes difficultés mais fonctionnait encore grâce à un concordat judiciaire, l’immeuble de 800m2 qui abritait les bureaux et les stocks a été complètement détruit par un incendie. Un sinistre intense, et extrêmement rapide : appelés par une voisine qui avait vu des flammes, les pompiers de Wavre sont arrivés en quelques minutes sur place mais tout le rez-de-chaussée était déjà embrasé.

La police s’est rendue au domicile du patron de la société mais il n’a pas répondu. Il a expliqué par la suite qu’il était en train de couler une chape de béton dans sa cave, et qu’il n’avait rien entendu. Après l’incendie, plusieurs personnes l’ont dénoncé comme l’auteur des faits, dont des membres du personnel. Ce qu’il nie farouchement aujourd’hui encore.

En revanche, il admet qu’il s’est rendu sur place dans la soirée, environ un quart d’heure avant que le sinistre se déclenche. Il affirme qu’il était là pour préparer des commandes parce que son magasinier était en congé, et qu’il n’a rien remarqué d’anormal…

Par la suite, l’enquête a également mis au jour des bizarreries dans la comptabilité de l’entreprise, et des manœuvres du patron pour surévaluer les stocks détruits par l’incendie, histoire de toucher un montant plus confortable de l’assurance. Les experts qui se sont rendus sur les lieux ont conclu que le feu avait été bouté volontairement, avec des hydrocarbures pour accélérer le processus.

Et le ministère public, à l’audience, a dès lors requis deux ans de prison avec sursis contre le chef d’entreprise, à la fois pour l’incendie criminel et le volet financier du dossier.

La défense a plaidé durant plusieurs heures pour démonter un à un les arguments du ministre public. Le tribunal prendra le temps de l’analyse. Il rendra son jugement le 7 décembre.