Brabant Wallon L’avis des citoyens est oublié par la majorité, estiment les auteurs de la pétition

Pression immobilière et pression citoyenne ne font pas bon ménage. Et le prochain conseil communal guibertin risque d’en récolter les méfaits. Car la commune est très prisée des promoteurs immobiliers et les logements y poussent comme des champignons.

Or, tous ces projets commencent à donner de l’urticaire à certains citoyens. En effet, le collectif de l’Orée de la gare vient de récolter plus de cinq cents signatures contre le plan de rénovation urbaine de Mont-Saint-Guibert et en particulier contre le projet immobilier de la Pistole. "Cela fait deux ans que nous sommes mobilisés et deux ans que la commune ne nous écoute pas", peste Gaëlle Pellon pour le collectif.

Le nœud de la discorde se situe surtout dans le dialogue entre les deux parties. "Nous avons également écrit plusieurs courriers à l’équipe en place et aucune réponse n’a jamais été donnée, enchaîne-t-elle. Ce projet émanant d’un cabinet d’architecture guibertin est soutenu par la majorité en place et par l’échevine à la Mobilité malgré l’opposition de la CCATM et de la Commission de rénovation urbaine (CRU), les deux commissions citoyennes mises en place pour participer à la réflexion sur le plan de rénovation urbaine. Ce processus démocratique n’a été qu’une façade pour faire avancer, sans concertation, ce projet controversé et très mal pensé."

Le jeudi 28 juin, le plan de rénovation devra être présenté au conseil communal. "Et nous sommes opposés à ce plan. En particulier au projet du plateau de la Gare et du bois de la Pistole."

Ce projet, s’il aboutit , consiste notamment à construire trente-trois logements dans le bois. Pour y accéder, il faudrait passer par une ruelle enclavée et étroite donnant sur la gare. "Or, primo, le bois est inaccessible. Deuzio, il y a déjà plusieurs centaines de logements en construction dans Mont-Saint-Guibert. Avant de construire encore, offrons des services et des espaces verts. Il n’y a eu aucune concertation. L’avis des citoyens a été oublié par la majorité."

L’objectif des représentants est de pousser les membres du conseil communal à ne pas "adopter aveuglément ce projet".

Hier, le groupe Ecolo a réagi à la pétition. "Celle-ci laisse entendre que le collège est sur le point d’accepter ce projet. Ces allégations sont tout à fait infondées", confie Ecolo. "Aucun permis n’a été déposé à ce jour. La pétition mentionne que la ‘forêt’ serait rasée, ce qui est faux également. La rénovation urbaine permet justement de fixer les balises quant à un éventuel développement en indiquant les zones qui seraient constructibles et les zones à préserver (+ de 70 % du bois)."

Pour rappel, le plan de rénovation urbaine prévoit notamment le redéploiement du centre entre la brasserie et le plateau de la gare. "Ecolo y adhère pleinement. Ceci dit, Ecolo est aussi en faveur du développement de zones vertes et d’une densification raisonnée. Et un point particulier du plan a fait l’objet de débats la semaine passée. Ce point concerne précisément l’aménagement du bois de la Pistole."

Ce bois serait une ancienne friche de résineux. "Son profil en pente raide est sans intérêt particulier et ne se prête guère à un aménagement en parc de plaisance, contrairement à d’autres endroits identifiés dans le plan de rénovation pour l’érection d’espaces verts. Comme cette friche est située dans le centre, à proximité des moyens de transport (TEC, SNCB) et de ses services (écoles, commerces…), elle constitue un endroit idéal pour densifier le centre et éviter un étalement urbain non souhaitable à tout point de vue. La Région a suggéré de densifier davantage cet endroit, chose que le collège n’accepte pas."

Et Ecolo de préciser qu’au total, ce sont plus d’un demi-millier de logements qui ont été refusés depuis 2012 à Mont-Saint-Guibert…