Brabant Wallon

L’Ottintois d'origine, ancien nageur de haut niveau à Rixensart, vient de décrocher sa qualification pour l'Ironman d'Hawaï en terminant 2e de sa catégorie (30-34 ans) en Afrique du Sud

L’explosion de joie fut à la hauteur de l’attente et de l’investissement. Nicolas Sapieha prendra part au plus grand et médiatisé rendez-vous de la planète triathlon à l’automne 2018. L’Ottintois d’origine a en effet décroché ce dimanche en Afrique du Sud sa qualification pour l’Ironman d’Hawaï en terminant 2e chez les 30-34 ans en 9 h 11. Bouclant par la même occasion l’épreuve de Port Elizabeth à la 7 e place chez les amateurs et à la 26 e au général .

Des années durant, celui qui a récemment quitté la Belgique pour la Suisse était bien loin de penser au triple effort, avalant au quotidien les longueurs des bassins, principalement à Rixensart. Allant même jusqu’à rafler un titre de champion de Belgique seniors en 100 brasse. Sans jamais cependant atteindre son graal : participer à un grand championnat international. "Me qualifier pour Hawaï constitue en ce sens un exutoire par rapport à mon passé de nageur", souffle le jeune trentenaire, qui affectionne particulièrement l’esprit qui règne dans la communauté des triathlètes. "Si j’avais été plus pro ou si j’avais pu bénéficier de meilleures conditions plus jeune, sans doute aurais-je pu prétendre à mieux et vivre un Euro ou un Mondial. Mais je n’avais pas la maturité nécessaire. Tout me semblait facile alors que pour briller en dehors de la scène belge, il fallait en donner beaucoup plus."

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"Quand j'ai débuté le tri, je savais juste... nager"

Des bassins au triathlon, la transition ne fut pourtant pas aisée pour Nicolas Sapieha. "Quand j’ai débuté le tri , voici environ six ans, je savais juste nager. Pour le reste, c’était un peu la cata . Même si je ne suis pas encore là où je voudrais arriver en course à pied, j’ai pu progresser à force de travail." Ce qui lui a permis, en Afrique du Sud, de gérer son effort de 3,8 km de natation, 180 bornes à vélo et un marathon (42,195 km). "J’étais là pour arracher ma qualification qui, au fil des ans et vu le niveau en constante amélioration, devient de plus en plus difficile à obtenir. Ce ne fut pas une journée facile mais là n’est pas l’essentiel. J’étais dans le bon après le vélo et je ne voulais surtout pas passer à côté de mon slot . J’ai avant tout pensé à gérer. Je suis donc persuadé de pouvoir passer à l’avenir sous les 9 heures."

Ce ne devrait cependant pas être à Kona le samedi 13 octobre prochain. "Tous mes entraînements ont été faits avec cet objectif en tête. Mais vu la chaleur et l’humidité à Hawaï, je n’aurai sans doute aucune chance de performer. Peu importe, l’objectif sera de profiter de l’événement, de nager, de rouler et de courir dans ces lieux mythiques."

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"Après l’entraînement en natation, tu peux tout endurer"

Être un ancien nageur de haut niveau n’était en rien une garantie pour Nicolas Sapieha d’être un bon triathlète, l’effort dans l’eau étant, de loin, le plus court des trois sur un Ironman. "La natation m’a néanmoins appris les bases de l’entraînement. Et aussi la volonté. Si tu sais avaler six kilomètres tous les jours dans l’eau en regardant les carrelages, une séance d’ home trainer de trois heures devant un film devient presque une partie de plaisir…" confie celui qui s’entraîne, en moyenne, entre 12 et 15 heures par semaine. "Mais c’est clair que ce n’est pas mon passé de nageur qui m’envoie aujourd’hui à Hawaï. Pour preuve, lors de mon premier Ironman , à Nice, j’étais sorti en tête de l’eau avant de finir au-delà du Top 1.000 !"