Brabant Wallon La mère de Clément Druet a introduit un troisième pourvoi en cassation.

À la mi-octobre, Suzanne Rensonnet et sa famille ont encaissé un véritable coup de massue : alors qu’ils se battent depuis neuf ans pour que la conductrice, qu’ils considèrent comme responsable de la mort de leur fils et frère Clément, soit reconnue responsable de ses actes, la cour d’appel de Bruxelles a décidé de les débouter dans leur démarche.

Non seulement la cour a acquitté la conductrice mais on apprend aujourd’hui qu’elle les condamne à indemniser cette dernière et son assurance. Pas une petite indemnité : ce sont près de 17 000  €, essentiellement pour couvrir des frais d’avocats et de procédure, que Suzanne Rensonnet et les siens vont devoir débourser pour indemniser celle qui a tué Clément, il y a plus de 9 ans.

Dans la nuit du 29 août 2009, le jeune homme âgé de 18 ans avait été fauché par cette automobiliste qui avait ensuite pris la fuite. La jeune conductrice s’était présentée deux heures plus tard au commissariat où elle présentait encore, au premier test, une alcoolémie de 0,94g/litre de sang. Pour Clément, il n’y avait malheureusement plus rien à faire. Emmené dans un état critique à l’hôpital, il y était décédé quelques heures plus tard.

Malgré l’alcoolémie et la circonstance aggravante du délit de fuite, la conductrice n’a jamais été condamnée, par le procureur de l’époque, qu’à une amende de 137 euros et un retrait de permis de six heures.

Après un premier classement sans suite, Suzanne Rensonnet et les siens s’étaient alors portés partie civile. Dans les audiences successives, le parquet avait réclamé un non-lieu tandis que le délit de fuite n’a plus été évoqué et a même été prescrit... L’acquittement a à chaque fois été prononcé, que ce soit au tribunal de police, en correctionnelle ou en appel. A l’endroit de la collision, deux poteaux d’éclairage étaient défectueux. L’expert qui est descendu sur place le lendemain de l’accident avait confirmé cette visibilité très faible. Et le parquet avait donc classé l’affaire sans suite, estimant que c'est la faible visibilité qui était la cause de l'accident et que l'alcool n'avait sans doute pas jouer de rôle dans celui-ci. Ce que la famille de Clément Druet ne pouvait entendre : selon sa mère, la visibilité le jour des faits était de minimum 80 mètres. Suffisant pour s'arrêter ou éviter les piétons, estime-t-elle.

 "Les deux poteaux étaient éloignés de 100 mètres, indique Suzanne Rensonnet. Et deux autres étaient allumés entre ces deux poteaux. Au vu de l'endroit où est tombé Clément, il est indiscutable qu'il ait été touché à hauteur d'un poteau éclairé. Il n'y avait donc pas de trou noir comme le parquet l'avait mentionné."

Si, sur le plan pénal, cette jeune conductrice ne risque plus rien, Suzanne Rensonnet et sa famille ne pouvaient se résoudre à ce que la conductrice échappe à ses responsabilités. “La démarche était avant tout symbolique, visant à responsabiliser la conductrice et à ce que cela puisse également servir d’exemple pour les autres chauffards, confie Suzanne Rensonnet, au nom des siens. Il nous apparaîssait important que ce soit les chauffards eux-mêmes qui soient condamnés à payer les indemnités aux victimes et non un fonds anonyme dédié aux victimes de la route. C’était le seul moyen pour que cette conductrice comprenne ce qu’elle avait fait et qu’elle ne recommence pas. À l’inverse, en cas d’acquittement, elle n’aurait aucun antécédent inscrit dans son casier judiciaire…”

Aujourd’hui, la famille ne se bat plus seulement en mémoire de Clément, mais pour tous ces Clément qui pourraient être victimes d’un criminel de la route. D’où le fait d’avoir introduit un troisième et ultime pourvoi en cassation. Si la procédure n’aboutit pas, la famille devra se tourner vers le Fonds anonyme des victimes de la route pour être indemnisée et utiliser cette indemnité pour la verser, en réalité, à la conductrice... “Quoi qu’il en sera, notre colère ne faiblira jamais et nous lutterons toujours pour une égalité de traitement des citoyens face à la loi.”