Brabant Wallon

Willy Manquoy, 25e sur la liste de Pierre Huart (MR), fêtera ses 93 ans… le 14 octobre !

"Il y a quelques jours, quand je distribuais mes tracts, où l’on voit une photo de moi en tenue de judo en 1960, une dame âgée - mais plus jeune que moi quand même ! - m’a dit que j’avais été bel homme. Sa copine l’a interrompue en disant que j’étais encore très bien !"

Difficile de mieux résumer la personnalité de Willy Manquoy qu’en reprenant cette anecdote, livrée en wallon et sourire aux lèvres dès le début de l’interview. Ancien sportif (première ceinture noire de judo du Brabant wallon, B4 en tennis de table, coureur, etc.), échevin durant dix-huit ans, commerçant du centre-ville durant plus de trente ans, membre du conseil communal depuis trente-six ans, l’homme n’est jamais avare d’un bon mot.

Il y a quelques années, il a d’ailleurs rempli le Waux-Hall pour un one-man-show organisé au profit d’une association et au cours duquel il a enchaîné blague sur blague. Figurant aujourd’hui en vingt-cinquième position sur la liste du bourgmestre, il fêtera ses 93 ans… le 14 octobre prochain ! Avec un nouveau siège au conseil communal en guise de cadeau ? Il met en tout cas tout en œuvre pour cela.

"Le maïeur m’a demandé d’être à nouveau sur la liste et je pense qu’il n’a pas vraiment écouté ma réponse , sourit le nonagénaire. Cela a bien fonctionné pendant trente-six ans, est-ce que je peux refuser d’apporter mon aide à la liste ? Et puis maintenant que c’est reparti, c’est comme une compétition : un coureur ne monte pas sur une piste en se disant qu’il va perdre. Je distribue mes tracts moi-même, à pied, deux heures par jour en ville. Si je suis sur la liste, c’est pour être élu. Si ce n’est pas le cas, je ne le montrerai pas mais je serai déçu…"

Avec un tel esprit, ne serait-il pas tenté de céder sa place si les réformateurs aclots se retrouvaient pour six ans dans l’opposition ? "Sûrement pas : ce serait capituler ! réplique-t-il sans l’ombre d’une hésitation. Si les gens me font confiance, c’est pour que je fasse mon travail, dans la majorité ou dans l’opposition. Mais si à un moment je me sens incapable de continuer, je démissionnerai dans l’instant. Pas question de prendre la place d’un autre."

Ni de faire de la figuration. À plus de 90 ans, Willy Manquoy ne manque pratiquement aucun conseil communal ou conseil de police et, s’il ne se lance plus dans de longs commentaires durant les débats, on peut toujours compter sur lui pour ramener l’un ou l’autre les pieds sur terre d’une phrase cinglante lorsque la discussion s’enlise ou qu’une idée lui semble farfelue.

Et cela pourrait bien durer encore. "Jusqu’à ce que je sois mort ! J’ai téléphoné pour demander la date mais là-haut on ne me répond pas", lâche-t-il dans un éclat de rire.

  • Sa priorité n°1 : le commerce

"Il faut se battre pour faire vivre notre centre-ville et pour que les gens continuent à y venir parce qu’il est exceptionnel. Regardez la collégiale : on vient la visiter de loin et, qu’on croit ou qu’on ne croit pas, c’est un bâtiment magnifique. Mais pour le commerce, c’est difficile. Il faudrait trouver un moyen de le redynamiser, c’est très important. J’entends beaucoup de ‘y qu’a’ et de ‘il suffit de’ mais la vérité, c’est qu’il n’existe pas de recette miracle. Des nouveaux magasins ouvrent mais c’est surtout de l’horeca, des petites boutiques. Est-ce que cela va tenir ? Certains réclament plus de places de parking. D’accord mais qu’est-ce qu’on fait : on rase la Poste ?"

  • Sa priorité n°2 : le sport

Rénover les infrastructures actuelles semble une évidence pour Willy Manquoy, ancien échevin des Sports qui considère que faire du sport est une des meilleures choses qui puisse arriver aux jeunes pour acquérir des valeurs et ne pas rester oisifs. Il se réjouit du grand nombre de sportifs qui existent à Nivelles. "On doit continuer à soutenir les clubs sportifs au maximum et absolument rénover les installations, c’est nécessaire. Une nouvelle salle, c’est aussi un beau projet et je ne dis certainement pas non. Mais il faut garder les pieds sur terre, et donc être certain qu’on a les moyens suffisants pour le faire."

  • Sa priorité n°3: la mobilité

"Si ça continue comme ça, avec autant de circulation en ville, ça va devenir invivable. On doit s’occuper de la mobilité dans le centre. Une fois encore, je n’ai pas de solution toute faite, mais on doit effectivement plancher sur ce problème-là. Il faut sans doute inciter les gens qui habitent à Nivelles à prendre moins leur voiture. Le vélo ? Peut-être, oui… Certainement pour les jeunes, mais tout le monde n’est pas capable de se déplacer à vélo. Les bus, c’est quand même facile à utiliser aussi, mais il ne faut pas exclure la voiture et risquer de rendre le centre-ville encore plus désert alors que les commerces ont besoin de passage pour fonctionner."

Un regret? Le cinéma en centre-ville

Ce n’est pas encore un regret, mais c’est un doute personnel que l’ancien échevin des Travaux émet avec un peu d’hésitation. "Lorsque j’entends les montants qui seront consacrés à la rénovation de l’ancien cinéma, je me demande si cela en vaut bien la peine . S’il s’agissait de rénover le Waux-Hall, je n’aurais pas de problème. Mais un cinéma en centre-ville alors qu’on sait qu’il y a des difficultés de parking, et qu’il y a des complexes cinématographiques de plusieurs salles pas très loin, notamment à Braine-l’Alleud… J’espère me tromper mais je suis pratiquement sûr qu’il n’y aura pas beaucoup de monde pour venir voir des films à Nivelles."