Brabant Wallon L’accident de lundi rappelle au nouvel échevin de la mobilité que sa tâche sera compliquée…

Lundi soir, peu après 19 h, Paul Brasseur (LB) prêtait serment comme nouvel échevin wavrien. Parmi les compétences qu’il aura à assumer, l’une attirera particulièrement l’attention des Wavriens : celle de la Mobilité, une problématique très sensible dans la cité du Maca. Quelques minutes auparavant, un accident heureusement sans gravité entre un train et une voiture, au passage à niveau de la chaussée de Bruxelles, provoquait une véritable pagaille en centre-ville.

Durant la prochaine législature, la gestion des huit passages à niveau qui traversent la commune sera l’une des principales priorités du nouvel échevin. "La ville de Wavre est particulièrement impactée, en matière de mobilité, par la présence de ces passages à niveau, confie Paul Brasseur. Il y a une forte densité de population en centre-ville et les trains engendrent de réelles nuisances. Les passages à niveau constituent aussi un danger pour les piétons et les véhicules, dont certains n’hésitent pas à transgresser le Code de la route en franchissant les passages à niveau au rouge."

Il faut dire que la physionomie de la ligne fait qu’à Wavre il faut parfois patienter plusieurs minutes au rouge avant qu’un train n’arrive, en espérant qu’un autre ne suive pas dans l’autre sens.

Par le passé , la Ville de Wavre a mené des opérations de sensibilisation. Mais cela reste insuffisant. Et dans les six prochaines années, la tâche de Paul Brasseur sera de tenter de trouver une solution fonctionnelle. "La sensibilisation ne suffit pas. Il faut aménager ces passages à niveau, car certains continueront à les franchir au rouge, risquant leur vie par la même occasion, explique l’échevin. Mais c’est un combat compliqué, déjà mené par le passé par l’échevin Luc Gillard et la majorité. On ne réglera par la situation d’un coup de baguette magique."

D’autant plus qu’avec les travaux du RER encore inachevés, Paul Brasseur craint que la situation wavrienne passe au second plan. "Certains ont envisagé d’enfouir les rails. C’est une solution idyllique sur papier. Mais elle est très onéreuse, voire impayable (NdlR : on évoque un budget de 200 millions d’euros !), et nécessiterait des expropriations de maisons. Il n’est pas non plus possible de mettre la ville à feu et à sang pour régler le problème."

Fermer le passage à niveau de la chaussée de Bruxelles ? "C’est très compliqué car c’est un axe pénétrant très fréquenté. Il y a aussi la possibilité de créer des ponts ou des tunnels, mais c’est techniquement compliqué. On va donc continuer de rencontrer Infrabel - avec qui le dialogue est constructif - pour tenter de dégager une solution qui convienne à tous."


Frédéric Sacré, porte-parole d’Infrabel :  "La situation est très complexe"

1Aménager ces passages à niveau de Wavre, c’est possible ?

" Il faut savoir que la politique d’Infrabel est de supprimer un maximum de passages à niveau en leur trouvant une alternative. Depuis 2005, on en a supprimé 335 en Belgique. C’est proportionnellement beaucoup plus important que ce qu’y est fait en France, par exemple. Pour ce qui est de Wavre, on a des réunions avec les autorités communales. Et on se veut constructifs. Mais la situation est compliquée. Des solutions pourraient aboutir d’ici 3 à 5 ans pour ceux de Limal, mais c’est beaucoup plus complexe à Wavre-centre."

2Qu’est-ce qui coince ?

" Le plus simple, quand on supprime un passage à niveau, c’est de renvoyer la circulation automobile vers un autre passage, voire de construire un pont ou un tunnel. Pour ce qui est de la chaussée de Bruxelles à Wavre, la densité du bâti rend les choses plus compliquées. Si on veut construire un pont, par exemple, il faut une pente maximale de 7 à 8 % pour les voitures. Pour Wavre, cela impliquerait un pont de 200 mètres de long où un tunnel de 150 m. C’est techniquement très compliqué à mettre en œuvre en plein centre-ville car il y a aussi des rues perpendiculaires à prendre en compte. Outre le coût financier, cela aurait aussi un coût sociétal important car il faudrait exproprier certains habitants. Tout ça pour un rendu esthétique qui ne serait pas optimal."

3Certains veulent fermer le passage à niveau, voire enfouir les rails…

"Fermer le passage à niveau de la chaussée de Bruxelles est compliqué car c’est une voirie à fort passage. Le gain en mobilité serait nul et la circulation serait renvoyée vers d’autres passages à niveau. Ça ne réglerait en rien le problème. Enfouir les rails est une solution qui a été étudiée. C’est effectivement la meilleure sur le plan de la sécurité et de la mobilité. Mais ça coûterait aussi très cher. Là où on mènerait ce seul projet à Wavre, on pourrait en mener 50 à d’autres endroits ! Cela imposerait aussi énormément de travaux et d’expropriations. Ce qui, sociétalement, ne serait peut-être pas acceptable ni accepté."