Brabant Wallon Entre Dimitri Legasse (AC) et les libéraux de la majorité, rien ne va plus et la situation est particulièrement tendue

Député et bourgmestre en titre de Rebecq, Dimitri Legasse a déjà marqué un grand coup en s’alliant avec son ami de toujours, Marino Marchetti, celui-là même qui l’avait quitté il y a six ans.

Cette alliance préélectorale en a surpris plus d’un. C’était prévu en amont ?

"Tout cela remonte il y a bien longtemps déjà. Le 10 décembre 2016, j’ai lancé un appel à l’occasion de mes dix ans de maïorat. Je voulais une liste d’ouverture et travailler avec toutes les forces politiques qui le souhaitaient, qu’elles soient structurées, libérales, catholiques ou écolos."

Une annonce entendue par Marino Marchetti visiblement…

"En fait, le jour où j’ai fêté ces dix ans de maïorat, j’ai invité tout le monde et étonnamment, il n’y avait aucun libéral, pourtant dans la majorité. J’avais trouvé cela étonnant et pour l’anecdote, je leur avais préalablement posé la question de savoir si cela posait un problème de faire cette petite réception dans la maison communale. Visiblement, c’était le cas et je l’ai donc fait à l’extérieur."

Sans vos collègues du collège !

"Ils ne sont pas venus. J’ai vu cela comme une seconde discourtoisie que je n’ai pas vraiment appréciée. Quelques mois plus tard, je me suis inquiété auprès du MR de ce qu’il pensait de ma proposition d’ouverture, s’il était preneur ou pas. Ma proposition a été refusée, ce que je peux comprendre, car ils voulaient garder leur caractère bleu et libéral. Un discours que je pouvais entendre."

Sauf que quelques semaines plus tard, revirement de situation…

"En octobre, j’ai vu sortir une liste baptisée ‘Objectif Citoyens’… qui n’affichait plus ses couleurs libérales ni son nom. J’ai trouvé cela un peu fortiche. Dans un premier temps, ils ne viennent pas à la réception, ensuite ils refusent mon offre en disant qu’ils veulent garder leurs couleurs et enfin, ils font une nouvelle liste comme celle-là ! Voyant cela, je me suis senti libéré de mes engagements avec eux. Je ne refuserai plus les contacts avec l’opposition."

Et c’est à ce moment que Marino Marchetti est entré en jeu…

"L’opposition est venue me voir et nous avons beaucoup discuté. J’ai mis de l’eau dans mon vin car il y avait certains accents libéraux qui ne m’ont pas toujours plus durant cette législature et idéologiquement, quand on parle de modèle de société, je suis tout de même moins proche des libéraux que des centristes."

On peut dire que ce rapprochement était écrit d’avance vu votre amitié avec Marino Marchetti ?

"On a été échevin pour la première fois en même temps, quand Jules Demol était bourgmestre. On s’est rapproché car on trouvait que le maïeur devenait vieillissant et on a commencé à travailler ensemble pour créer ‘Action communale’. L’histoire fait qu’en 2011, il a claqué la porte pour voir si l’herbe était plus verte ailleurs et il a créé une nouvelle liste."

Il s’en est failli de peu pour qu’il soit bourgmestre d’ailleurs !

"On avait effectivement huit sièges chacun et les libéraux ont flairé la bonne affaire. En sachant l’exclusive que Marino Marchetti avait jetée à notre encontre, ils pouvaient faire monter les enchères. Je pense qu’avec le recul, leur idée était de faire le même coup cette année en étant le petit parti au milieu des deux autres qui ne s’entendent plus. Le fait est que cela ne se reproduira plus."

Il a aussi fallu mettre vos querelles avec Marino Marchetti de côté, également pour trouver un consensus…

"Les querelles ne sont jamais très constructives pour personne. Ni pour la commune ni pour les citoyens. Je pense que chacun a fait une partie du chemin et il a réalisé que sa démarche il y a six ans n’était pas des meilleures. Au final, on se rejoint sur pas mal de points et pour pouvoir travailler dans la majorité, il a peut-être mis ses ambitions maïorales sur le côté..."

La fin de la législation avec le MR risque d’être longue maintenant que le torchon brûle ?

"Heureusement, tout ceci est arrivé suffisamment tard dans la législature pour ne pas impacter les projets les plus importants qui doivent être menés. De mon point de vue, j’essaye de rester au-dessus de la mêlée et de ne pas tomber dans des agressions gratuites même si je reste un être humain. De toute manière, la cohabitation est devenue compliquée dès le moment où ils ont saisi la balle au bond avec le décret de Valérie De Bue."

C’est-à-dire ?

"Ils m’ont chassé du collège. En tant que bourgmestre empêché, on ne pouvait m’inviter au collège depuis 2014 et le moment où j’ai été élu parlementaire. Ils m’ont chassé en disant que je ne pouvais plus être invité et qu’il n’était pas question de faire une réunion préparatoire au collège. J’avoue que cette décision, je ne l’ai pas très bien accueillie, mais la loi reste la loi. Malgré tout, je trouve cela discourtois et j’en ai pris bonne note."