Brabant Wallon Une villa louée 950 euros par mois à Rebecq abritait une vaste plantation de cannabis.

En mai dernier, les habitants d’une rue tranquille, dans la campagne rebecquoise, ont décidé d’alerter les autorités. Ils constataient des manèges suspects et des allers et retours de voitures immatriculées aux Pays-Bas dans une belle villa voisine, où manifestement personne n’habitait en permanence.

Les policiers ont pris contact avec le propriétaire, qui a donné le nom de la locataire. Il était payé à temps et à heure, chaque mois, par une ressortissante bulgare vivant la plupart du temps en Italie. Elle lui versait 950 euros par mois et avait laissé, pour tout contact, un numéro de téléphone italien.

Les enquêteurs ont reçu l’autorisation d’entrer dans les lieux. Et comme ils s’en doutaient, ils ont découvert plus de 1 100 plants de cannabis. Une culture très professionnelle, qui occupait la plupart des pièces de la villa. Il y avait sur place des documents appartenant à un Albanais sans résidence connue en Belgique.

Dans le garage, une voiture immatriculée aux Pays-Bas appartenait aussi à un Albanais, établi aux Pays-Bas et qui a fait immatriculer là-bas sept véhicules. Dont quatre ont été souvent repérés à Rebecq…

Denis R., qui avait laissé des documents personnels dans la villa, a été interpellé dans les environs de la gare du Midi. Il a dit qu’il se rendait parfois à Rebecq, pour tondre la pelouse de la propriété. Mais il ne savait pas ce qui se passait à l’intérieur. Il s’en doutait, et c’est pour cela qu’à le suivre, il n’était pas retourné sur place depuis deux ans. Pas très crédible, d’autant que les policiers ont retrouvé, dans son GSM, des photos de montages électriques semblables au bidouillage des compteurs effectués à Rebecq pour ne pas payer l’électricité consommée par cette vaste plantation.

Les deux autres protagonistes, cités en correctionnelle, ne sont pas venus à Nivelles. Ils seraient, aux dernières nouvelles, retournés dans leur pays natal. Dans le jugement rendu mardi, la justice aclote ne fait pas de différence : les trois prévenus sont condamnés chacun à 30 mois de prison ferme et à une amende de 16 000 euros.