Brabant Wallon Le conseiller communal a tenu des propos allant à l’encontre des valeurs d’Ecolo lors d’un reportage de "Cash Investigation"

Lancé en 2012 sur France 2, le magazine Cash Investigation attire régulièrement plus d’un million de téléspectateurs et atteint parfois même la barre des trois millions de vues. Avec un concept : dénoncer les magouilles et les dérives des grandes entreprises françaises mais également mondiales.

Difficile dès lors d’imaginer que les hommes d’Élise Lucet puissent un jour s’intéresser à la petite commune de Rixensart. Et plus particulièrement à un homme, conseiller communal Ecolo : Gérald Bocken.

Siégeant dans l’opposition depuis 2012, il travaille au sein de Clean Europe Network, une ONG qui lutte contre la pollution liée aux déchets en plastique mais qui effectue également un lobby auprès de l’Europe en faveur des fabricants d’emballages. Cherchez l’erreur. Interrogé par Élise Lucet dans le reportage diffusé mardi soir, Gérald Bocken y répond que "le responsable de la pollution, c’est le pollueur. Pas le producteur".

Nous avons tenté de le joindre, hier. En vain. Nos confrères de la RTBF ont eu plus de chance. "C’est l’intérêt pour tout le monde de réduire au maximum la pollution, leur a-t-il expliqué. Mais dans la mesure où il y a des gens qui apprécient l’emballage alimentaire, il est également justifié de travailler pour une association qui en fait la promotion. Rien n’oblige que l’on jette ses emballages sur la voie publique. C’est du bon sens."

Une vision des choses qui est en totale discordance avec le discours d’Ecolo. Hier matin, les candidats verts se sont concertés pour déterminer le sort à réserver à Gérald Bocken, jusqu’alors 9e sur la liste Ecolo aux prochaines élections communales. "Il était lui-même conscient du malaise qu’il avait créé, confie Bernard Buntinx, la tête de liste. Il y a eu un consensus général sur le fait qu’il ne pouvait rester candidat sur notre liste. Au final, il n’a pas été évincé autoritairement mais s’est retiré de lui-même de la liste."

Bernard Buntinx tient toutefois à préciser que, si les propos tenus par Gérald Bocken dans Cash Investigation "le mettent en porte-à-faux" par rapport aux valeurs défendues par Ecolo, l’implication de ce dernier au niveau communal n’est pas remise en question. "Au niveau local, Gérald Bocken s’est toujours pleinement investi pour la transition écologique de la commune. Son engagement était total et en parfaite harmonie avec nos valeurs au niveau communal. Mais celles qu’il défend dans son cadre professionnel rendent incompatible sa présence sur notre liste. Où est la cohérence ? Selon Ecolo, c’est l’ensemble des acteurs qui doit jouer un rôle pour diminuer la production des déchets, notamment en plastique. Le producteur est aussi responsable que celui qui jette ses déchets au sol."

La place de Gérald Bocken étant désormais vacante, Ecolo cherche son remplaçant. Or, la liste doit être déposée ce vendredi au plus tard. "C’est encore prématuré pour dire qui le remplacera , souffle Bernard Buntinx. Mais c’est vrai que les délais sont serrés…"