Brabant Wallon La FWA a invité les politiques à se rendre compte de la réalité du terrain

Un mois après avoir mené une première action de sensibilisation à destination des automobilistes, les agriculteurs du Brabant wallon concernés par le projet d’interdiction des charrois agricoles sur la N25 ont mené une deuxième opération du genre, lundi matin. Cette fois orientée vers les politiques.

Une sorte de vis ma vie d’agriculteur : les hommes et femmes politiques qui ont répondu à l’appel ont pu se rendre compte, de visu, des impacts sur la mobilité qu’entraînerait un déplacement du charroi agricole sur les routes secondaires.

Agriculteur à Corroy-le-Grand, Olivier Delaby estime qu’une interdiction d’accès à la N25 pourrait augmenter certains de ses trajets de plus de 20 minutes. "On devrait inévitablement passer par des petites rues qui ne sont pas adaptées, confie-t-il. Un tracteur sans remorque, c’est 3 m de large. Avec une remorque, ça peut aller jusqu’à 4 m de haut et 3,5 m de large, voire plus pour les moissonneuses-batteuses. Il faudrait que toutes ces machines passent par des rues de villages ? Elles ne sont pas adaptées à cela. Au moindre obstacle, on resterait bloqués et ça créerait des embouteillages."

Et de citer les nombreux problèmes auxquels Olivier Delaby devrait faire face s’il empruntait quand même les petites rues. "Certains ponts ne sont pas assez hauts, certaines rues sont interdites aux plus de 3,5 t (NdlR : un tracteur pèse 7 tonnes environ), d’autres sont en circulation locale… Il serait quasiment impossible de passer si l’on croisait une voiture, un bus ou un camion."

Parmi les politiques qui se sont prêtés au jeu en grimpant dans un tracteur, on retrouvait la Genapienne Sandrine Duplicy, représentante du ministre wallon Carlo Di Antonio, mais aussi le député provincial en charge de la Mobilité, Marc Bastin, l’échevin nivellois de l’Agriculture Pascal Rigot ou encore la bourgmestre de Wavre, François Pigeolet.

Cette dernière a déjà annoncé que le conseil communal de ce mardi soir se prononcerait contre le projet d’arrêté du ministre. "Une telle interdiction impacterait fortement Wavre qui souffre déjà d’importants problèmes de mobilité, confie la bourgmestre. Toute la circulation serait renvoyée en centre-ville. Cela engendrerait des problèmes de mobilité dans des rues qui ne sont pas adaptées à un tel charroi. Certaines routes sont trop étroites, certains ponts trop bas… Et puis il y a la sécurité devant les écoles qui pourrait être remise en question. Nous nous opposons à une telle interdiction car aucune étude sérieuse n’a été menée. Il faut prendre le temps de la concertation et de réfléchir sur l’impact qu’une telle interdiction pourrait avoir."

Hier après-midi, le ministre Di Antonio a réagi par voie de communiqué, précisant avant toute chose que la circulation des tracteurs sur la N25 ne sera pas interdite à partir du 1er juillet.

Par ailleurs, Di Antonio a sollicité la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA) pour connaître les déplacements quotidiens des agriculteurs et le nombre d’agriculteurs concernés par le dossier. Un document dont il se dit toujours en attente.

Enfin, le ministre indique qu’il prendra en compte les avis des différents acteurs et que "des réunions de concertation ont été menées et que d’autres le seront encore afin de prendre des mesures adéquates et pertinentes".

Dans tous les cas, si une interdiction devait finalement avoir lieu, elle ne serait pas appliquée avant plusieurs mois.