Brabant Wallon La victime avait nécessité une transfusion de 7 poches de sang pour être sauvée

Brahim E., en situation de double récidive après avoir déjà écopé d’une peine de deux ans et de dix mois de prison avec sursis, était à nouveau sur le banc des prévenus du tribunal correctionnel, hier matin.

Il devait cette fois s’expliquer sur des faits que le parquet qualifie de tentative d’assassinat. Les faits remontent à la nuit du 11 au 12 mai dernier. Vers minuit, il avait quitté une dame avec laquelle il entretenait une relation faite de hauts et de bas, après avoir passé l’après-midi avec elle.

Il est revenu chez elle vers 3 h du matin, en ayant manifestement trop bu, et elle a refusé qu’il passe le reste de la nuit sur place, lui faisant remarquer qu’il avait un appartement.

Une demi-heure plus tard, ce Tubizien né en 1985 est revenu, avec un pistolet chargé. Et il a tiré à neuf reprises (lire ci-dessous) en direction de la victime. Elle a été touchée à un bras et à une main, à la cuisse droite, au mollet droit, à la jambe gauche…

Des fragments de projectiles ont également ricoché dans son corps, notamment dans son sein gauche. Transportée en ambulance à la clinique après que les voisins ont donné l’alerte, la dame s’en est sortie mais marche aujourd’hui avec difficulté. Sept poches de sang ont été nécessaires pour la sauver, la nuit des faits.

Les policiers qui sont intervenus ont noté dans leur procès-verbal que la malheureuse gisait dans une mare de sang. Brahim E, qui avait quitté les lieux sans appeler les secours, s’est directement rendu au commissariat de police de Tubize où il a inventé qu’il avait été agressé dans le noir par la victime, qui l’avait coupé au bras. Il a alors sorti son arme pour se défendre…

Hier, devant le tribunal, comme lors d’une deuxième audition par la police, il a avoué que ce n’était pas vrai. Il a tiré délibérément en direction de la dame. Mais à le suivre, ce n’était pas pour la tuer : juste pour la blesser.

C’est aussi la thèse plaidée par son avocate qui a souligné que la plupart des blessures se situent sous la ceinture et que toutes les balles n’ont pas atteint la victime alors que le tireur était tout près d’elle.

Le ministère public, lui, ne voit pas les choses de cette manière. Huit ans d’emprisonnement ont été requis à l’encontre de Brahim E., l’intention d’homicide et la préméditation ne faisant pas de doute. Le tribunal dira ce qu’il en pense le 25 janvier.