Brabant Wallon Une peine de probation autonome pour la mère en aveux, six mois avec sursis pour le père.

Au printemps dernier, après avoir reçu les confidences d’un de ses élèves, le professeur de gymnastique d’une école de Tubize a pris la responsabilité d’alerter les autorités. Le garçon, né en 2004, avait très peur de ses parents et ne voulait pas témoigner contre sa mère devant les policiers, par peur de représailles. Mais il avait des marques sur le corps prouvant qu’il recevait des coups violents, y compris au visage.

L’adolescent a expliqué aussi que sa maman le fouettait avec le cordon d’un chargeur de GSM pour le corriger, et lui enduisait le visage de piment. En mars 2006, alors qu’il avait tenté d’échapper à une punition, le garçon avait été tondu par sa mère, pour l’humilier. Un jour, à l’école, sa mère l’a également obligé à s’agenouiller dans un couloir, pendant que passaient ses camarades.

Lorsque les enquêteurs ont présenté à la suspecte les photos des plaies, elle n’a pas nié que c’était elle qui portait des coups violents à son fils. Sur le banc du tribunal correctionnel, il y a quelques semaines, la Tubizienne restait en aveux. "Je suis responsable et je regrette", a-t-elle affirmé. "Je n’étais pas comme ça avant mais le divorce, les dettes, le travail… En Afrique, on éduque les enfants à la dure et je pensais que ça marchait comme ça. Évidemment, en voyant les photos… J’ai demandé de l’aide, parce qu’on m’a expliqué qu’il y avait des associations. Je ne le savais pas, et maintenant tout va mieux."

Son ex-mari, qui vit à l’étranger mais était aussi poursuivi pour les punitions infligées du temps de la vie commune, mettait surtout en avant le caractère difficile de l’enfant pour se justifier. Le tribunal, dans le jugement rendu hier, condamne la mère de famille à une peine de probation autonome de deux ans et à une peine d’amende avec sursis, tandis que le père de l’enfant écope de six mois de prison avec sursis et d’une amende de 300 euros également assortie d’un sursis.