Brabant Wallon

Le prévenu avait subtilisé une facture et modifié le numéro de compte

Né à Kinshasa et habitant à Londres où il vient de changer de nom et de prénom, Gilva M. n’a a priori aucune attache en Belgique et aucune raison d’ouvrir un compte bancaire dans le Royaume. Il l’a pourtant fait, à la fin de l’année 2013, en se servant de son passeport.

À le suivre, il s’agissait juste d’aider un tiers - dont il ne sait pas dire grand-chose - et qui venait de réaliser une opération immobilière au Congo. Il est vrai que rapidement, 55.000 € sont arrivés sur ce compte. Mais ils n’y sont pas restés très longtemps : Gilva a transféré la somme sur un autre de ses comptes personnels, qu’il avait ouvert cette fois à… Hong Kong, en Chine.

Là, il s’agissait d’une démarche pour ouvrir un salon de coiffure qui, finalement, sera localisé en Angleterre. L’argent a été retiré en Chine, et donné en cash à un tiers moyennant une belle commission : 10.000 €.

Les 55.000 € venaient en réalité d’une escroquerie commise à Nivelles. Un courrier d’avocat demandant à une agence bancaire la libération d’un cautionnement avait été détourné. Et selon un procédé devenu relativement classique, les auteurs ont modifié le numéro de compte après avoir intercepté la lettre, puis l’ont remise dans le circuit postal en espérant que le débiteur n’y verrait que du feu. Et c’est ce qui s’est produit.

Arrêté en Angleterre, Gilva a comparu devant le tribunal correctionnel du Brabant wallon mais n’a pas vraiment convaincu par ses explications. Le jugement qui vient de tomber estime qu’il n’est pas le naïf qu’il affirme avoir été dans cette histoire, et l’importance de la commission qu’il a perçue dans le cadre de cette escroquerie internationale en témoigne.

Il écope dès lors de deux ans de prison avec sursis, d’une amende ferme de 3.000 €, et 52.000 € lui sont confisqués.