Brabant Wallon Anesthésiste et clinique Saint-Pierre ont été jugés coupables mais pas condamnés.

En janvier 2010, un habitant de La Hulpe a fait une chute qui lui a occasionné une fracture de la hanche droite. La solution pour le soigner était de lui poser une prothèse de hanche, et il a été admis pour cela à la clinique Saint-Pierre d’Ottignies. L’homme avait déjà des antécédents médicaux sérieux et le lendemain de sa chute, il a été inséré dans le planning des opérations.

Il a été anesthésié et la prothèse a été placée sans souci, puis une deuxième injection d’anesthésiant a été réalisée pour réduire la fracture. L’anesthésiste a quitté la salle pendant qu’un docteur refermait l’incision et qu’une infirmière aidait aux différentes tâches permettant de clôturer cette intervention. Un petit son, une sorte de "bzz" a retenti à deux reprises dans le local mais les intervenants n’y ont pas prêté attention.

Peu après, il a été constaté que le patient était sans pouls. Il est apparu qu’un des tuyaux de ventilation s’était détaché de la machine et se trouvait par terre ! Malgré les manœuvres de réanimation, le patient est décédé quelques heures plus tard.

L’accident a donné lieu à une enquête interne et également à une instruction judiciaire. Mais la cause de la déconnexion du tuyau n’a pas pu être déterminée. Il semble que le bruit entendu en fin d’opération était une alarme, mais le volume avait été baissé et le personnel qui intervenait ne l’a pas reconnu.

La clinique, par la suite, a pris des mesures pour que ce type d’accident ne se reproduise pas. Si l’anesthésiste doit quitter la salle, il doit désormais confier explicitement la surveillance du patient à une infirmière qui n’aura que cette tâche à remplir durant son absence. Et des formations spécifiques ont été renforcées. Le tribunal s’est penché sur le cas et vient de trancher. Il estime que l’anesthésiste et la clinique ont commis des négligences qui les rendent responsables de ce qui s’est passé. Ils n’y peuvent rien, par contre, si l’instruction a duré six ans (dont quatre ans pour la remise du rapport du légiste !). Le délai raisonnable pour juger un dossier étant dépassé, une simple déclaration de culpabilité a été prononcée.