Brabant Wallon

Expatriés au Canada depuis octobre 2013, ils n’y ont aucun statut légal et ne peuvent plus travailler

Kevin Timmermans et Maïté Lequeux sont originaires de Jodoigne. En octobre 2013, ils quittent la Belgique pour s’installer au Québec. « Alors qu’en Belgique il n’est pas toujours facile de trouver un emploi, au Québec il y a pénurie de main-d’œuvre et on n’hésite pas à venir recruter des gens en Europe », nous raconte Kevin Timmermans. Le couple décide de tenter l’aventure de l’autre côté de l’Atlantique, grâce à un permis vacances-travail d’un an. Après avoir passé le premier hiver, Kevin et Maïté savent que c’est au Québec qu’ils veulent faire leur vie.

Ils entament alors les démarches pour obtenir un permis de travail et pouvoir ainsi rester après cette première année. « Notre demande a été refusée sous prétexte que mon employeur n’avait pas fait les efforts raisonnables de recrutement ou de formation pour pourvoir au poste avec des Canadiens », nous a-t-il expliqué. Il fait immédiatement une deuxième demande de permis, pour un autre emploi. « Comme la demande a été introduite avant la fin de notre programme vacances-travail, nous avons alors pu rester sous un statut implicite, en attendant la réponse pour cette seconde demande ».

En août 2015, le verdict tombe : la famille, qui vient tout juste de s’agrandir avec l’arrivée du petit Noah, doit quitter le pays dans les 30 jours. Ils rentrent alors en Belgique pour deux mois, le temps d’obtenir un nouveau permis d’un an via la fédération Wallonie-Bruxelles dans le cadre d’un projet écologique communautaire. De retour au Canada, ils récupèrent leurs meubles laissés dans un entrepôt et s’installent à nouveau.

Les Jodoignois lancent ensuite les démarches pour recevoir un permis de résidence permanente étant donné qu’ils ont plus d’un an de travail sur place. « Comme la procédure est longue, on demande en même temps un nouveau permis de travail qui nous est encore refusé ». La famille doit alors quitter immédiatement le pays et part en mobile home aux États-Unis pendant trois jours. À leur retour, ils parviennent à convaincre les douaniers de les laisser revenir sous un statut de touriste. « Sauf qu’avec ce statut, nous n’avons plus le droit de travailler et donc nous n’avons plus aucune rentrée d’argent », précise Kevin. Un statut qui arrive lui aussi à échéance dans quelques jours : « Nous allons pouvoir le prolonger pour trois mois, mais si notre demande de résidence permanente n’est pas acceptée, on devra partir ». N’ayant ni l’envie ni les moyens de rentrer en Belgique, Maité et Kevin prévoient alors de partir en mobile home vers les USA.