Brabant Wallon

La ville dispose du meilleur taux d’infilration des eaux de pluie de Belgique

LOUVAIN-LA-NEUVE Il y a un peu plus de quarante ans, la première pierre de ce qui allait devenir la cité universitaire de Louvain-la-Neuve était posée. Un acte symbolique qui ne s’est pourtant pas fait dans la précipitation.

Les ingénieurs de l’époque avaient en effet minutieusement étudié le terrain pour que la construction de la ville estudiantine cause le moins d’impact possible sur l’environnement, et notamment sur le réseau hydrographique. Car construire une ville en plein champ pouvait avoir des conséquences dramatiques sur la faune et la flore locale.

Aujourd’hui, on peut affirmer que le pari est réussi. Si le site ne ressemble plus aux vertes prairies de l’époque – et que son expansion continue -, le réseau hydrographique a pu être préservé.

Notamment grâce au système d’infiltration des eaux de pluie. “À Louvain-la-Neuve, 32 % des eaux pluviales se retrouvent dans le réseau hydrographique” , commente le professeur Marnik Vanclooster, spécialiste de l’eau à l’UCL. “Dans les grandes villes, ce sont 80 à 90 %. L’infiltration des eaux de pluie dans le sol limite en effet le départ de celles-ci vers les exutoires (NDLR : canalisations, égouts,…) qui contribuent aux inondations.”

Une situation qui s’explique par l’architecture même de la cité néolouvaniste : très peu de routes asphaltées, beaucoup de pavés, klinkers et autres surfaces qui laissent pénétrer l’eau plus facilement dans le sol.

“Lors de la création de Louvain-la-Neuve, on a fait le choix des voiries semi-perméables, avec des matériaux particuliers : graviers, dolomie… Ou encore des parkings alvéolés semi-perméables. Habituellement, les villes font le choix du béton rendant le sol imperméable.”

Les concepteurs de Louvain-la-Neuve ont donc vu juste. Et le fait d’être une ville piétonne n’est pas innocent à cette réussite : l’absence de voitures signifie l’absence de macadam et donc une meilleure perméabilité.

Au final, les eaux pluviales terminent toutes dans un bassin d’orage aujourd’hui mieux connu sous le doux nom de lac de Louvain-la-Neuve, qui a d’ailleurs été totalement repensé il y a deux ans, via une mise en assec et l’apparition d’une flore nouvelle, pour permettre une meilleure filtration de l’eau avant son rejet dans le réseau hydrographique.

“Cela permet aussi de diminuer l’ampleur des crues et de protéger les villes qui se situent en aval” , poursuit le professeur Vanclooster.

Quand aux eaux usées (toilettes, vaisselle, lessive,…), elles sont amenées en droite ligne de Louvain-la-Neuve vers la station d’épuration de Basse-Wavre. Contrairement à certaines rumeurs, elles ne finissent donc pas dans le lac. “Lors de la création de la ville, on a pris l’option d’un réseau séparatif. Aucune autre ville de Belgique n’a un tel système. Mais il arrive, lors de très grosses pluies, que les eaux pluviales et usées se mélangent. Le système actuel peut donc encore être amélioré.”



© La Dernière Heure 2012