Brabant Wallon

WAVRE

Le Gracq proteste contre l’inertie des communes en matière de SUL

MOBILITÉ C’est à une scène plutôt cocasse que les automobilistes et piétons, qui circulaient au carrefour des rues Florimond Letroye et quai aux Huîtres, ont pu assister, hier vers 10 h. Un juge d’instruction, vêtu de sa robe et muni de son petit marteau bien caractéristiques, était présent devant un panneau de sens interdit.

Maître Pédalo était venu constater l’absence d’aménagements autorisant l’accès de la rue Florimond Letroye en sens inverse aux cyclistes. Et après trois coups de marteau, le jugement est tombé : les aménagements devaient être réalisés illico presto. Aussitôt, deux ouvriers se sont mis au travail, réalisant des marquages au sol à l’aide de… farine.

Cette mise en scène ludique était organisée par le Groupement de recherche et d’action des cyclistes quotidiens (Gracq), qui proteste contre l’inertie des communes de la province en matière de sens unique limité (SUL).

“Un arrêté ministériel a rendu obligatoire depuis 2004 la mise en SUL de tous les sens uniques où la vitesse des automobilistes ne dépasse pas 50 km/h, où la largeur de la rue fait au moins trois mètres et où aucune raison de sécurité ne s’y oppose” , confie Luc Goffinet, directeur du Gracq. “Or, force est de constater que beaucoup de communes ne font rien.”

Une récente étude du Gracq vient en effet de confirmer la donne. Sur les 27 communes de la Jeune Province, seules celles de Nivelles et Ottignies-LLN respectent la législation en vigueur tandis que Rixensart s’y atèle.

Les autres communes restent inactives. Alors que le Gracq estime que 75 % des sens unique pourraient devenir des SUL, il n’en existe aucun à Braine-l’Alleud ou Wavre, où l’on compte pourtant respectivement 84 et 62 sens unique.

“C’est incompréhensible “, déplore Georges Martens, le responsable du Gracq de Wavre. “À plusieurs reprises, nous avons approché la ville mais rien ne bouge. Pourtant, il ne s’agirait que de quelques aménagements peu coûteux qui amélioreraient la sécurité des cyclistes. Ceux-ci ne seraient en effet plus renvoyés sur de grands axes où le cycliste constitue surtout une gêne pour les automobilistes. Il y a d’ailleurs beaucoup moins d’accidents dans les SUL.”



© La Dernière Heure 2010