Brabant Wallon Un an de prison avec sursis et une solide amende pour tenue d’une maison de débauche

Que se passait-il en 2015 et 2016 derrière les murs d’un salon de massage de Wavre dont le nom faisait allusion à l’Océanie ? Les allusions que l’on retrouve sur le site Internet de l’établissement ne laissent pas trop de place au doute, pas plus que les talons hauts et la lingerie aguichante des "masseuses" posant sur des lits ou des fauteuils…

La patronne, Angeline , se retrouvait dès lors poursuivie devant le tribunal correctionnel pour tenue de maison de débauche, et devait également s’expliquer pour n’avoir pas déclaré à l’ONSS les dames embauchées pour lui donner un coup de main. Elle a prétendu que ces demoiselles étaient à la rue et qu’elle les a donc "récupérées" pour leur permettre de survivre. Quant aux massages, la prévenue a précisé que les filles étaient d’accord pour certains "à-côtés" permettant de gagner un peu plus. Tout en glissant que tout cela se faisait entre adultes consentants, et qu’il ne lui était pas possible non plus de tout contrôler…

Mais la règle était claire, il fallait que les masseuses remettent 50 % de leurs gains à la patronne. En tout cas pour les plus expérimentées.

C’était différent pour celles qui étaient encore en formation. Angeline, apparemment, avait même parlé de ses activités un jour à… un agent de quartier ! On ne s’étonnera guère, en ajoutant qu’il y avait aussi des publicités suggestives qui avaient été placées dans la presse spécialisée, que les enquêteurs ont fini par s’intéresser au soi-disant salon de massage. Ils y ont trouvé des tenues érotiques, des lubrifiants ainsi que des préservatifs.

Bref, sur le banc des prévenus, la Wavrienne n’était pas en mesure de contester la nature réelle des activités menées sur place. Ses explications quant à l’absence de déclarations à l’ONSS ont fait sourire ceux qui assistaient à l’audience : "J’ai eu énormément de bordel dans mes documents comptables."

Le jugement suit , dans les grandes lignes, les réquisitions : Angeline écope d’un an de prison mais cette peine est assortie d’un sursis total.

En revanche, elle devra payer une amende de 3.000 euros, et le tribunal ordonne à son encontre une interdiction durant deux ans de tenir un débit de boisson ou un "établissement de soins corporels".