Brabant Wallon Tout doucement, le styliste se fait un nom parmi les plus grands comme Dior, Chanel ou Hermès.

Même en y réfléchissant, il ne sait pas combien de vêtements il crée par an. "En revanche, je peux vous dire qu’il faut près de 2.000 heures de travail pour faire une robe, du patron aux finitions". Âgé de 35 ans, Bernard Depoorter est encore un enfant dans le monde de la mode, mais un travailleur qui s’exécute comme un tireur à gage pour atteindre sa cible : devenir célèbre.

Alors que les plus grands tissent leurs légendes et plongent dans la gloire, Bernard Depoorter travaille comme un forcené le jour, parfois même la nuit. "Je ne cache pas mon objectif : me faire un nom dans ce monde si prestigieux mais si difficile. C’est un univers de requins. Il faut plus que s’accrocher pour y arriver", raconte-il, sans prétention, dans son salon feutré de Wavre.

Enfant de la cité Maca , fier de ses racines, Bernard Depoorter débute à Wavre. Alors que les gosses de son âge jouent dans les rues, Bernard Depoorter se retranche chez sa mère wallonne et son père flamand. Il dessine, coupe et coud ses premiers patrons dans la maison familiale du 18e siècle, à quelques enjambées à peine du centre-ville. Il apprend. Quelques années plus tard, il rejoint Paris. "Pour y présenter plusieurs collections. Et puis, au fil du temps, je me suis fait une petite place et un nom. J’ai cette faculté de m’intégrer facilement dans l’ADN d’une grande maison de couture. Financièrement, cela peut intéresser les grands groupes. Mais je rêve d’y avoir aussi ma propre maison."

Bernard Depoorter habille les plus grandes comme la reine Mathilde, la chanteuse Lara Fabian ou bien la comédienne Armelle. "Mon rêve est d’habiller la princesse Charlène de Monaco. La cerise sur le gâteau serait un défilé sur le rocher !"

Difficile pourtant de conjuguer l’art de créer et les sens des affaires. "Les grands groupes comme LVMH ou Hermès sont indispensables pour se faire un nom". Pas d’argent, pas de Maison. Pas de Maison, pas de nom. Mais Depoorter reste patient. Chacun aura son quart de célébrité, comme disait Warhol. Lui aussi. "À ce moment-là, je serai le porte-drapeau de Wavre à Paris. Et inversement. Si ma passion peut apporter une contribution à ma ville natale, j’en serai ravi."

Wavre, terres d’enfance et d’inspiration. "Tout m’inspire. De ce que j’ai autour de moi ici à Wavre, un reflet dans un verre d’eau ou une visite sur Instagram. Et c’est parti. Vous pouvez en faire une collection tout entière." L’une de ses dernières collections a été présentée à Paris, en prélude de la fashion week, en juin dernier. Dans la résidence de l’ambassadeur belge, entourée de sa marraine de cœur Line Renaud, une palette de célébrités a goûté au style Depoorter.

Dans un style classique, sombre et baroque, Bernard Depoorter a fait défiler ses poupées de cire aux regards de biche, à la cambrure d’enfer et à la taille de guêpe sous les notes d’Hitchcock. Un défilé à son image. "J’aime mélanger les goûts, les couleurs et les styles pour former au final un ensemble cohérent", précise-t-il. Un ensemble devenu une œuvre belge où la presse française peut y consacrer plusieurs pages dans les magazines les plus influents.

Un Wavrien fier de ses racines brabançonnes mais aussi belges et wallonnes. "On ne mesure pas assez le talent des créateurs wallons. Car oui, il y en a. Cela étonne à chaque fois que je le dis mais les Wallons commencent doucement à se faire un nom. Tout ne se fait pas nécessairement à Anvers."