Brabant Wallon

Luc D'Hondt tire à boulets rouges sur le bourgmestre Charles Michel

Il y a six ans, le FDF se présentait pour la première fois aux élections communales à Wavre. Avec un score de 4,97 % malgré une liste composée de seulement huit candidats, le parti amarante ratait de peu l’obtention d’un siège au conseil communal.

Six ans plus tard, le parti, désormais rebaptisé Défi, fourbit bien d’autres ambitions. Et espère bien être le trouble-fête des élections malgré une liste incomplète de 17 candidats. "Nous avons privilégié la qualité plutôt que la quantité, précise la tête de liste Luc D’Hondt, actuel conseiller provincial. Nous n’avons pas cherché à remplir la liste à tout prix : nous voulions être sûrs que chaque candidat corresponde parfaitement aux valeurs que nous défendons."

Avec les partis de l’opposition actuelle (PS, CDH et Ecolo), le parti espère mettre fin à l’hégémonie libérale à Wavre. Et souhaite obtenir quelques sièges pour, si pas reléguer la liste du bourgmestre (apparentée MR) dans l’opposition, au moins la forcer à créer une coalition et ouvrir dès lors le débat au conseil communal.

Avec Défi comme partenaire principal ? "Je ne suis pas dupe du petit jeu que jouent le MR et le PS, souffle Luc D’Hondt. Ce sont les meilleurs ennemis du monde. Si coalition il doit y avoir, elle ne sera malheureusement pas décidée à l’échelle communale. Et je pense que Kyriaki Michelis ( NDLR : tête de liste PS) n’aura pas d’autre choix que de suivre ce que les hautes sphères du PS décideront."

Cette analyse renforce encore un peu plus l’envie de Luc D’Hondt de se battre pour le changement au sein de la cité du Maca. Car selon lui, il y aurait énormément de choses à changer dans la capitale brabançonne wallonne.

À commencer par la mobilité. "On parle de contournement ou encore de suppression des passages à niveau qui handicapent le centre de Wavre. C’est vrai. Ce sont des dossiers très importants mais il ne faut pas les voir un à un mais bien avoir une vision plus globale. Chaque bouleversement aura un impact certain sur la mobilité. Il faut que tous les paramètres soient pris en compte. Or, le plan communal de mobilité est presque déjà obsolète."

Luc D’Hondt et son équipe veulent envisager toutes les solutions. Dont celle de l’enfouissement du chemin de fer en centre-ville. "Même si cela a un coût exorbitant, on doit au moins analyser cette possibilité. De même, il faut repenser la mobilité de la rue de l’Ermitage avant que le hall polyvalent ou la piscine soient opérationnels."

Autre sujet épineux à Wavre : le commerce. "La majorité actuelle veut créer un nouveau centre commercial (NDLR : la bourgmestre s’en défend) sur le site Philips. Ça va créer une concurrence supplémentaire pour les commerces du centre-ville qui souffrent déjà de celle de l’Esplanade. Il faut au contraire ramener les clients dans le centre et utiliser le site Philips comme incubateur aux start-up wavriennes pour qu’elles puissent s’y développer et apporter de la richesse à Wavre."

Défi veut aussi doper la participation citoyenne, tout comme il veut améliorer la sécurité en centre-ville. "Il y a des zones de non-droit à Wavre. Prenez la gare ou même la place Bosch. Les gens n’osent plus s’y promener une fois l’obscurité tombée. Comme nous voulons créer un conseil consultatif de la mobilité, pourquoi ne pas en créer un autre axé sur la sécurité ?"

Et Luc D’Hondt de conclure en adressant une petite pique envers le bourgmestre en titre. "La majorité pratique la tactique du ‘on va faire, on va faire’. Mais tout ce qui a abouti en 12 ans, c’est que Charles Michel s’est servi de Wavre pour ses ambitions personnelles. Aujourd’hui, Wavre ne l’intéresse plus."