Brabant Wallon Un bâtiment se délabre dans le centre malgré les injonctions faites au propriétaire

Chaque année, les 27 communes du Brabant wallon investissent des milliers - voire millions - d’euros dans l’embellissement de leurs centres. Cela passe par la rénovation de trottoirs, le renouvellement du mobilier urbain ou encore l’installation de fleurs.

Autant d’efforts qui peuvent être anéantis par la présence d’un seul chancre. Des habitations ou commerces qui se délabrent inexorablement par manque d’investissements financiers de leurs propriétaires et face auxquels les communes se retrouvent souvent démunies, les biens ne leur appartenant pas.

Un exemple récent prouve toute la complexité qu’ont les autorités communales à agir. À Wavre, un immeuble abritant anciennement une parfumerie se délabre de plus en plus dans la rue du Pont du Christ. Au point que des arrêtés de police aient été pris pour interdire toute occupation des lieux puis pour imposer au propriétaire toute une série de travaux comme la stabilisation du toit et des façades. Plus d’un an après la prise de cet arrêté, le propriétaire n’a toujours pas bougé et le bâtiment se détériore chaque jour un peu plus. Des barrières ont même dû être placées sur les trottoirs pour la sécurité des piétons… "Si tout était simple, le dossier aurait été réglé depuis belle lurette, précise la bourgmestre faisant fonction, Françoise Pigeolet. Je n’éprouve d’ailleurs aucune jouissance à la vue de ce chancre qui défigure l’une de nos artères commerçantes les plus importantes."

Une situation déplorable qui remonte à 2016 déjà. "Deux arrêtés de police ont été pris, imposant au propriétaire des mesures de sécurisation. La seule action de ce dernier, plutôt que de procéder aux travaux d’entretien, de sécurisation et de stabilisation qui s’imposaient, a été d’introduire un recours devant le Conseil d’État en juin 2016. Et nous attendons toujours la décision du Conseil d’État."

En cas de victoire devant le Conseil d’État, le propriétaire pourrait se retourner vers la Ville si celle-ci procédait à la destruction de l’immeuble. "Et si nous entreprenons des travaux, le coût de ceux-ci ne pourrait pas lui être facturé. En cas de destruction du bâtiment, le propriétaire pourrait nous réclamer des dommages et intérêts."

Cela étant, la Ville ne reste pas sans rien faire face à la situation. "Nous estimons que le délai raisonnable pour la réponse du Conseil d’État est aujourd’hui dépassé. Et nous allons solliciter une étude complémentaire pour objectiver les travaux à réaliser et établir avec précision les mesures de stabilisation de l’ensemble du bâtiment."

Un rapport qui sera transmis au propriétaire qui disposera ensuite d’un délai de réaction. "Sur base du rapport et des risques encourus, la Ville (NdlR : qui s’est adjoint les services d’un avocat) pourra se positionner. Pour l’instant, la prudence nous impose de ne rien entreprendre."