Brabant Wallon Sursis et peines de travail pour les petites mains d’une organisation internationale

Le 9 novembre 2012, un habitant de Wavre a reçu des courriels semblant provenir de la banque ING et qui lui demandaient de mettre ses codes à jour pour pouvoir continuer à utiliser son dispositif de phonebanking. Un coup de téléphone rassurant de la part de quelqu’un affirmant travailler pour la banque l’a mis en confiance, et l’homme a donné ses codes pour qu’ils soient modifiés.

Il s’est aperçu par la suite que c’était une arnaque : son compte et celui de sa fille ont été visités par les escrocs, qui se sont servis en prélevant 2.000 euros. Et surtout, le compte de la société de son épouse, qui est en réalité un cabinet d’avocats, a été débité de 42.000 euros.

Une plainte a été déposée et les enquêteurs se sont aperçus que l’argent soutiré avait été distribué entre six comptes bancaires, ouverts par six personnes différentes. Le jour même ou le lendemain de l’arrivée de l’argent, les sommes ont été retirées en liquide. Bref, tout cela semblait bien organisé.

Cinq des six titulaires de compte ont été entendus par la police. Certains ont raconté à peu près n’importe quoi, visiblement paniqués. L’enquête s’est poursuivie mais, comme les policiers avaient visiblement devant eux des petites mains qui ne connaissaient pas vraiment qui tirait les ficelles, il n’a pas été possible au parquet fédéral de remonter jusqu’aux cerveaux de l’escroquerie. Comme souvent en pareil cas.

Ce sont donc les sous-fifres qui se sont retrouvés, il y a un mois, sur le banc des prévenus du tribunal correctionnel. "Un ami d’origine africaine m’a demandé de l’aider et m’a promis 250 euros. Pour moi, à l’époque, c’était énorme. J’étais jeune, on apprend de ses erreurs", a commenté l’un d’entre eux. D’autres se doutaient qu’il y avait quelque chose de louche là-dessous mais n’ont pas pu résister à l’argent facile…

En fonction du rôle, des regrets et de la présence ou non de chacun à l’audience, le tribunal a prononcé des peines de huit et douze mois avec sursis total et deux peines de travail de 125 heures.