Bruxelles Des formations ont été dispensées à des policiers dans 15 communes pour les sensibiliser à cette problématique.

Sur l’ensemble de l’année 2017, près de 4.500 plaintes ont été enregistrées par la police pour des cas de violence intrafamiliale, selon des chiffres communiqués par la police fédérale.

Afin d’enrayer le phénomène, equal.brussels, le centre bruxellois pour l’égalité des chances, a organisé, à l’initiative de la secrétaire d’État Bianca Debaets (CD&V), cinq sessions de formation avec Bruxelles Prévention et Sécurité, l’école de police régionale et la police fédérale.

Au total, 135 personnes ont été sensibilisées et formées dans 15 communes et six zones de police autour des violences intrafamiliales. Les principaux thèmes étaient la détection, une meilleure coopération et la prise en charge des victimes et/ou auteurs. Les participants venaient de différents secteurs : services de police et de prévention, médiateurs ou gardiens de la paix.

Un aspect unique de ce projet a été la collaboration entre les associations de terrain et la police : les séances ont toujours été organisées par paires, un policier étant lié à un employé d’organisation de terrain. Cette méthode a été très favorablement évaluée par les participants. Les formations se poursuivront avec de nouvelles sessions à partir de novembre, au cours desquelles des collaborateurs du parquet seront également conviés.

Plusieurs mesures ont déjà été prises afin de lutter contre ce phénomène de violence intrafamiliale. Ainsi, les victimes peuvent s’adresser au Centre de prévention des violences conjugales et familiales. Cette ASBL propose un accompagnement spécialisé à toute personne concernée par les violences conjugales et/ou intrafamiliales venant de tous les milieux sociaux, culturels, professionnels, religieux, ethniques et philosophiques.

Cet accompagnement permet à la victime de retrouver l’estime de soi et de reprendre du pouvoir sur sa vie. Il s’exerce à travers une écoute téléphonique, un accueil, une aide administrative et sociale, un espace de parole en individuel (pour femme, homme, auteur ou victime) ou en couple, un groupe d’entraide et de parole pour femmes et un hébergement pour femmes (avec ou sans enfant) sans limite d’âge à une adresse confidentielle.

Par ailleurs, les victimes de violences conjugales ou intrafamiliales peuvent, sous certaines conditions, se voir attribuer un logement social en urgence. Depuis janvier 2016, la Région bruxelloise prévoit en effet la réservation d’un quota de logements sociaux au bénéfice de victimes de violences conjugales, à l’initiative de Céline Fremault (CDH), ministre bruxelloise en charge des Affaires sociales à la Cocof.

"La violence conjugale impacte durablement et précarise les victimes, générant des conséquences physiques et psychiques importantes pour elles mais également pour les enfants du couple. Le sentiment de culpabilité et la peur subis par les victimes les amène à cacher leur état et à ne pas porter plainte. Or, c’est seulement à l’issue d’une prise en charge psychosociale ciblée, effectuée dans une maison d’accueil disposant parfois d’une adresse secrète que de nombreuses victimes de violences arrivent à se reconstruire", expliquait la ministre dans La DH en novembre dernier.