Bruxelles

La manifestation s’est disloquée vers 16 heures au pied de l’Atomium

BRUXELLES Pour dire "NON à l’instauration d’un contrôle technique pour les deux-roues", la capitale de l’Europe a une nouvelle fois résonné ce samedi aux sons des rupteurs et des coups de klaxon de milliers de motards belges en colère – dont également de nombreux motocyclistes néerlandais et français - sous l’impulsion de la Fédération Belge des Motards en Colère (FBMC).

Aux alentours de 4.500 motards en colère se sont rassemblés rue de la loi et au pied de l’Atomium, a indiqué la zone de police Bruxelles-Capitale Ixelles.

Une délégation a été reçue par un représentant de la Commission européenne, mais la rencontre a été jugée infructueuse. Les motards en colère vont donc mettre en demeure dès lundi notre secrétaire d’Etat à la mobilité, Melchior Wathelet. Ces derniers espèrent à présent que la Belgique prenne position contre l’instauration d’un tel contrôle technique.

"Seuls 0,3% des accidentés en Belgique et 0,6% en Europe le sont à cause d'un problème technique de leur moto", dénonce Joe Verrecke, président de la FBMC. "Ce sont 21% des motards qui meurent sur les routes pour des problèmes d'infrastructures".

Les motards en colère avaient annoncé leur intention de camper rue de la Loi jusqu'à ce qu'ils obtiennent une réponse satisfaisante, mais il n’en fut rien. Vers 15 heures, ceux-ci ont en effet levé le camp et la manifestation s’est disloquée vers 16 heures au pied de l’Atomium. A l’avenir, la FBMC envisage de bloquer différents points de contrôle technique.

En avril dernier, c’était plus d’un millier de motards qui avaient pris d’assaut Bruxelles et en avaient également fait le tour pour dénoncer une "Europe motophobe", non sans provoquer quelques embarras de circulation.

Cette initiative ne fait néanmoins pas l'unanimité chez les motards. Le MotorCycle Council (MCC), qui englobe les différentes fédérations représentant les motocyclistes belges (usagers, écoles de conduite, instructeurs, sports et industrie), souhaite quant à lui privilégier "le dialogue constructif à la manifestation pour trouver une solution acceptable", indique-t-il par voie de communiqué. Et de préciser : "Le contrôle moto après un accident ou lors d'une vente d'occasion n'est pas une mauvaise idée en soi."
Pour rappel : en vue d’établir "un espace européen unique en matière de contrôle technique" et "de sauver plus de 1.200 vies chaque année", la Commission européenne avait dévoilé les nouvelles dispositions prévues par son paquet "contrôle technique" en juillet dernier. Parmi lesquelles : l’instauration d’un contrôle technique pour les motos à l’horizon 2016 au plus tôt.

Actuellement, onze pays européens sur 27, dont la Belgique, n’ont pas encore imposé un contrôle technique aux motards. Or, toujours selon la commission européenne, "8 % des accidents de moto" seraient "liés à une défaillance technique". La commission prévoit donc d’instaurer un contrôle technique obligatoire pour les motos et les scooters à deux ou trois roues, toutes cylindrées confondues.