Bruxelles

50% des plaintes concernent le manque d'infrastructures dédiées aux cyclistes à Bruxelles.

Ce mardi matin, l'ASBL Mobiel21 et Bianca Debaets (CD&V), secrétaire d'État bruxelloise en charge de la Sécurité routière, ont présenté les résultats du projet "Ping if you care" qui a eu lieu de juin 2017 à janvier 2018.

Pendant plusieurs mois, 404 cyclistes ont participé à cette action qui consistait en la signalisation, l'identification et la localisation de situations conflictuelles ou dangereuses pour les cyclistes en Région bruxelloise, à l'aide d'un pinger, un bouton intelligent relié au smartphone des participants, et accroché à leur vélo.

Sur l'application, les plaintes sont classées en huit catégories: qualité de la route, visibilité, aménagement de l'infrastructure, feux de signalisation, des conflits sur un carrefour, des conflits dans la rue, des conflits sur une piste cyclable, ainsi que le stresse et l'émotion.

"On a constaté que 50% des signalements concernaient les infrastructures: rues en mauvais état, pas de piste cyclables, etc. Ces informations seront transmises au ministre Pascal Smet (sp.a) et aux communes, compétents pour les travaux publics, mais cela veut donc dire que les 50 autres pourcents concernent des conflits, ce qui révèle un véritable problème de manque de respect envers les cyclistes. On doit travailler là-dessus en continuant de faire des campagnes pour sensibiliser les citoyens aux cyclistes", explique Bianca Debaets.

51% des utilisateurs se sont plaint d'un manque d'infrastructure flagrant telle que des pistes cyclables inexistantes ou très mal indiquées. Des défauts de voiries ont été signalés par 42% des participants, et le reste concerne des conflits sur les pistes cyclables à cause de voitures mal garées (38%), de voitures en mouvement (33%), ou de présence de piétons (24%), ainsi que des conflits sur la route pour cause de trop peu d'espace laissé (37%), de blocage de la route (33%) et de trajectoire coupée (29%).

Au final, ce sont 39.887 pings qui ont été recensés pendant cette période de test. "Je suis cycliste journalier depuis plusieurs années, et on rencontre tout le temps des problèmes, ça nous donne envie de réagir. Ce système permet deux choses: signaler les problèmes d'un côté, mais de l'autre c'est aussi une sorte de défouloir, qui nous permet de canaliser notre frustration dans ce bouton" explique Vincent, cycliste et participant au projet. "Aujourd'hui je vois ça comme un jeu plutôt qu'une moyen de transport sécurisé. Je dois éviter les obstacles pour arriver à un endroit."

Cette application qui a permis de créer une liste non exhaustive des problèmes rencontrés par les cyclistes, rend aussi possible la géolocalisation des endroits à risque de Bruxelles. On constate ainsi que les endroits qui semblent revenir le plus souvent dans les signalements sont la place Sainctelette, la rue Antoine Dansaert, et la place et l'avenue Louise.

« Avec Bruxelles Mobilité, nous allons analyser tous ces éléments en profondeur et ils constitueront certainement de la matière pour les différents groupes de travail des états généraux de la sécurité routière que nous allons organiser dans quelques semaines », conclut Bianca Debaets.