Bruxelles Alors que la saison des rats bat son plein à Bruxelles, La DH a rencontré un dératiseur professionnel.

Il y a quelques jours, nous vous montrions sur notre site web une vidéo pour le moins étonnante d’une vingtaine de rats à la Cage aux Ours, à Schaerbeek. Alors que la saison des rongeurs sauvages a commencé à Bruxelles depuis le mois d’octobre, La DH a suivi la société de dératisation SOS Parasites en pleine action dans un zoning industriel de Dilbeek.

"Les rats sont le plus présents d’octobre à février", explique Mounir Sanchez, dératiseur professionnel depuis dix ans, en préparant ses outils. "Mais concrètement ils sont toujours là, ils sortent juste moins pendant une certaine période." Aujourd’hui, on estime qu’il y a 1 ou 2 rats par habitant dans la capitale, contre 4 ou 5 à Paris par exemple. "On n’est pas envahi par les rats. C’est juste qu’il y en aura toujours. Essayer de les éradiquer, c’est perdu d’avance. Ils étaient là avant nous et seront la après nous."

Le problème, d’après Mounir Sanchez, c’est quand les rongeurs commencent à s’infiltrer chez les particuliers ou dans les restaurants. "Les rats se cachent dans les égouts, dans les parcs et dans les zonings industriels, comme ici. Mais ce qui arrive souvent, c’est qu’ils se faufilent dans les caves ou chez les gens. Aujourd’hui, on a d’ailleurs été appelé pour la troisième fois, car les voisins de cette zone en retrouvaient dans leur jardin ou chez eux."

Sachant que, jusqu’à février au moins, on peut donc se retrouver avec des visiteurs dans nos caves ou nos jardins, que faire pour éviter leur présence ? "Quand on trouve des rats dans des maisons, c’est toujours la même chose : des trous pas bien bouchés, des portes grandes ouvertes, ou des caves à l’abandon. En fait, le problème peut être résolu simplement en prenant des précautions. Il faut entretenir sa cave, ne pas laisser de déchets, et surtout ne laisser aucune porte d’entrée aux rongeurs", explique Mounir.

À Bruxelles, l’endroit qui regorge le plus de ces rongeurs curieux et affamés, c’est la Grand-Place. "Il y a énormément de restaurants, donc de déchets alimentaires. Les égouts sous les pavés de la Grand-Place sont très vieux, très chauds, et communiquent, ce qui favorise la présence de rats. Mais l’Horeca est très attentif à cela, on est très souvent appelé", affirme le dératiseur.

Finalement, cohabiter avec des rats fait partie du quotidien des habitants de toutes les villes du monde. Pour ne pas les voir, il suffit d’être vigilant, et de faire rapidement appel aux sociétés de dératisation s’ils investissent nos propriétés privées. Peu agressifs, ces petits (ou parfois gros) rongeurs peuvent cependant être porteurs de certaines maladies. "Une des seules maladies que le rat répand, c’est la leptospirose, qui se transmet par son urine. C’est à cela qu’il faut faire attention, bien se protéger si l’on sait qu’il y a des rats dans sa cave par exemple", conclut Mounir.

Deux campagnes de dératisation par an

Deux fois par an, des techniciens professionnels de la dératisation sillonnent les 19 communes de Bruxelles pour dératiser les égouts. Ces campagnes de dératisation, organisées une fois au printemps et une fois en automne, sont menées par Vivaqua, qui débourse 200 000 euros par an pour ces actions. Par équipes de deux, les techniciens passent de bouche d’égout en bouche d’égout et, à l’aide d’une barre à mine, soulèvent les taques pour y placer des petits blocs de mort-aux-rats au bout d’un fil.

"Si on ne faisait rien, on serait envahis par les rats", explique Pierre Henrion, technicien chez Vivaqua. "Mais il ne faut pas non plus les éradiquer, éliminer tous les rats. Mine de rien, ils sont tout de même utiles car ils nettoient les immondices dans les égouts. Et de toute façon, ce serait impossible de tous les éliminer."