Bruxelles Près de 200.000 € de cannabis a été stocké durant plus d’un mois au commissariat au lieu d’être rendu à la justice.

C’est une très belle prise qu’a réalisée une patrouille de la zone de police Midi (Anderlecht, Forest, Saint-Gilles), en mai dernier. En effet, une concierge d’une école située à proximité de la route de Lennik, à Anderlecht, a contacté la police après qu’elle a trouvé un sac contenant une importante quantité de drogue, à savoir 26 kg de cannabis représentant un montant d’environ 200.000 €.

Une équipe d’intervention s’est immédiatement rendue sur place pour récupérer le sac. La procédure légale prévoit ensuite qu’un PV soit rédigé, et que la drogue soit dès lors stockée dans le local des saisies le temps de la rédaction du PV. Mais il nous revient que cette saisie de drogue n’a jamais été envoyée au laboratoire et aurait été laissée durant… plus d’un mois dans le local des saisies du commissariat central de Démosthène, à Anderlecht, au lieu d’être acheminée vers le laboratoire comme prévu par la loi.

Mais, élément plus troublant : c’est un membre du parquet en personne qui s’est inquiété de l’absence de résultats, normalement rendus par le laboratoire, et qui a donc interpellé la zone de police Midi. "Le transfert de cette saisie ne se serait finalement fait qu’après qu’un membre du parquet a fait part de sa vive inquiétude quant à la gestion de cette saisie par le service qui en est responsable", ajoute Alain Kestemont (Défi), conseiller de police de la zone Midi, qui a interpellé à ce sujet Marc-Jean Ghyssels (PS), le bourgmestre de Forest qui préside la zone de police.

La direction de la zone de police Midi est, une fois encore, pointée du doigt pour laxisme dans le transfert des saisies réalisées par les équipes de terrain. "Il appartient à la direction d’avertir le service trafic de la zone dont le rôle est de charger une estafette de chercher la totalité de la saisie pour que le dossier judiciaire puisse suivre son cours. Ce qui dans le cas présent n’a pas été fait, puisque la drogue n’a pas été acheminée au laboratoire ! Heureusement que le membre du parquet s’en est soucié sans quoi cette saisie aurait pu rester encore longtemps dans ce local", dénonce encore Alain Kestemont.

Même son de cloche du côté d’un membre de la zone qui estime que c’est à la direction de mettre en place une procédure précise lors de la saisie des biens, ce qui, dans le cas présent, fait défaut. "Ce n’est pas normal que cette drogue soit restée pendant plus d’un mois dans une ancienne cellule peu - voire pas du tout - sécurisée et qui fait office de local de saisies !", explique-t-il.

Ce laxisme met à mal la suite de l’enquête car si la marchandise avait été immédiatement acheminée au laboratoire, les résultats auraient été rendus plus rapidement et le dealer aurait pu être plus facilement identifié.

De son côté, Alain Kestemont dénonce un réel flou dans la gestion des saisies au niveau de la zone. "N’incombe-t-il pas au responsable du service responsable de la gestion des saisies opérées sur le territoire de la zone de police Midi et déposées au commissariat central, en l’occurrence le directeur ff du service d’intervention et de la brigade anticriminalité, de veiller à ce que les procédures soient respectées ?", s’interroge-t-il. "Cela permettrait au service trafic de notre zone d’être informé dans les meilleurs délais des dépôts de saisie et que les transferts soient opérés de façon régulière et très certainement à moins d’un mois de l’entreposage, ou avant qu’un membre du parquet ne soit contraint de se manifester pour l’obtenir."

Nous avons contacté le président de la zone, Marc-Jean Ghyssels, pour recueillir une réaction, en vain. Même constat du côté de la zone Midi qui ne souhaite pas commenter ce dossier.