Bruxelles

L’énergie géothermique, disponible 24h/24 et renouvelable, connaît un attrait grandissant dans la capitale.

C’est une petite révolution en matière d’énergie en Région bruxelloise qui a été présentée ce mardi à Anderlecht : aujourd’hui, le chauffage des bâtiments peut être fourni par le simple contenu du sol, assurant ainsi l’utilisation d’une source d’énergie renouvelable et inépuisable.

Le service géologique de Belgique a ainsi creusé un forage de 120 mètres dans le cadre du projet Brugeo. Soutenue par le FEDER (Fonds Européen de Développement Régional) et par la Région bruxelloise, cette initiative tend à valoriser le potentiel du sol bruxellois et à promouvoir une technique révolutionnaire qui permet de chauffer des bâtiments de manière durable et économique.

La géothermie, késako ? Il s’agit d’un procédé qui utilise le sous-sol et les différentes roches qu’on y trouve comme source de chaleur. Ce système permet alors de chauffer des bâtiments via une pompe en surface qui va chercher la chaleur dans nos sols. Générateur d’énergie inépuisable, disponible 24h/24 et ne dépendant d’aucun facteur externe, le chauffage par géothermie présente de nombreux avantages, tant au niveau environnemental qu’économique.

Pour moi, la grande révolution de cette technique, c’est qu’il est réversible, il permet aussi le refroidissement”, affirme Estelle Petitclerc, géologue au service géologique de Belgique. La géothermie permet en effet ce qu’on appelle le refroidissement passif. En été, on peut donc inverser le système pour que la chaleur soit injectée dans le sol et refroidir le bâtiment. Pourtant, la mauvaise connaissance des sols semble freiner l’utilisation de ce procédé en Région bruxelloise.

Progeo a donc deux objectifs : promouvoir cette technique encore trop timide dans la capitale, et informer le public sur les propriétés du sol de la Région, pour que le système soit adapté correctement aux nouveaux bâtiments.

On peut utiliser la géothermie partout mais avec des efficacités différentes”, explique Pierre Gérard, coordinateur du projet et professeur de géotechnique à l’ULB. “Si vous êtes dans un sol sableux, ça conduira beaucoup plus vite la chaleur que dans un sol argileux, par exemple”.

Après ce forage exploratoire, Brugeo aimerait donc créer une cartographie géothermique en ligne qui détaille les différents aspects du sol. “On veut pouvoir expliquer aux gens quelle quantité de chaleur ils peuvent récupérer selon la profondeur de leur forage, ou inversement, s’ils connaissent le besoin énergétique de leur bâtiment, leur dire quel forage ils devraient creuser pour l’obtenir” résume Pierre Gérard.

Le cas de l'hôpital Delta

Si la technique est encore rare, Brugeo a tout de même recensé une quarantaine de bâtiments utilisant déjà la géothermie pour se chauffer. La technique n’ayant pas encore été adoptée par les particuliers, on retrouve dans cette liste principalement des grands immeubles ou des complexes. L’hôpital Chirec à Delta utilise ainsi ce procédé pour chauffer l’entièreté du bâtiment. Ses besoins énergétiques étant particulièrement élevés, il a fallu creuser 174 forages de 90 mètres pour permettre à tout l’hôpital d’être fourni en énergie. La tour Engie, le bâtiment passif de Bruxelles Environnement et la Maison des Énergies renouvelables font, eux aussi, partie des premiers immeubles de Bruxelles à utiliser ce processus.