Bruxelles Trafic de drogue, vols, nuisances sonores, etc. des jeunes sèment le trouble au square des Vétérans Coloniaux.

"Cela fait quatre ans que je tiens mon commerce sur ce square, mais la situation continue à s’aggraver", les commerçants du Square des Vétérans Coloniaux sont à bout à . Vols, dégradation de matériel, tapage nocturne, trafic de drogues, les petits délits en tous genres "sont légion" dans ce quartier de la commune d’Anderlecht, selon un commerçant qui tient à conserver son anonymat. "On a peur des représailles", justifie-t-il.

La situation est particulièrement interpellante concernant l’épicerie située sur le coin du square et de l’avenue Léon Debatty. En 2010, ce commerce avait fait l’objet d’un conflit qui avait très mal tourné (voir ci-contre). Mais force est de constater que depuis le départ du propriétaire iranien victimisé, la situation n’a pas évolué. Au contraire. Désormais, l’épicerie est tenue par un commerçant pakistanais, installé depuis deux ans. "Il y a souvent des bagarres devant mon commerce avec des dégradations du matériel", explique-t-il.

"Des petits groupes d’environ 5-6 jeunes viennent régulièrement dans mon commerce pour voler des choses. Je les prends souvent en flagrant délit, mais ça ne les arrête pas. Je ne sais pas quoi faire car quand la police arrive, ils déguerpissent et vont se cacher", ajoute ce commerçant désemparé.

Micheline, nom d’emprunt, tient le même discours. "Nous tenons un restaurant depuis le début des années 90 à proximité du square, et nous avons déjà eu bon nombre de mésaventures", explique-t-elle. Dernier fait en date : il y a un mois, trois jeunes "âgés de moins de 15 ans" sont entrés dans le restaurant où une longue table pouvant accueillir 22 personnes avait été dressée. "Quelqu’un a sonné, on a ouvert et deux autres individus ont surgi et on fait valser les trois premières tables dressées près de la porte d’entrée. Il n’y avait heureusement aucun client dans le restaurant, mais tous les verres, bouteilles d’eau et de vin se sont fracassées sur le sol. On les a poursuivis dans la rue, en vain", déplore Micheline, qui avoue ne pas oser appeler la police de peur des représailles.

La situation est également inquiétante du côté des riverains. Edouard, nom d’emprunt, habite dans l’avenue Léon Debatty, une artère perpendiculaire au square des Vétérans Coloniaux. "Les trafics de drogue sont monnaie courante dans ce quartier et les jeunes procèdent à ces pratiques sans même se cacher", affirme ce trentenaire. "Outre ces trafics, on est régulièrement réveillés pendant la nuit suite à des cris, des bruits de voiture et autres nuisances en tous genres".

En revanche, si beaucoup de commerçants et riverains se plaignent de l’insécurité, ce n’est pas le cas du libraire. "Je n’ai jamais eu de mésaventure même si je vois souvent des policiers dans le quartier. Heureusement, je touche du bois jusqu’à présent !", explique-t-il.

Commerçants et riverains attendent aujourd’hui que le problème soit pris au sérieux par les autorités communales, et espèrent voir une augmentation de la présence policière dans ce quartier situé près de la cité du Peterbos.

© Bauweraerts

Le calvaire des épiciers iraniens

L’affaire a duré six ans et s’est achevée mercredi : Ardeshir N. et son fils Sirous, ont été acquittés par la cour d’appel de coups et blessures portés sur un gamin âgé de 14 ans au moment des faits, commis en 2010. Les deux hommes, de nationalité iranienne, tenaient une épicerie, square des Vétérans coloniaux, à Anderlecht.

Pendant des années, ils ont vécu l’enfer, harcelés tous les jours par un groupe d’adolescents classés comme bande urbaine. Vols, dégradations, insultes, incendies. Jusqu’au jour où le père lance un marteau sur Yassine T. Un mois plus tard, le fils, tabassé par plusieurs jeunes, a sorti une arme tranchante et donné des coups au même Yassine T.

À la suite des événements, le père et son fils ont dû vendre leur établissement en catastrophe - et à perte - puis quitter la commune et changer de métier. Comme le premier tribunal, la cour d’appel a reconnu la légitime défense et la contrainte irrésistible et acquitté les plaignants, défendus par Me Carole Vanderwilt. Ils se disent aujourd’hui soulagés de voir leur calvaire prendre fin. Mais à quel prix…


Eric Tomas, bourgmestre d’Anderlecht (PS): "On va renforcer la sécurité"

Ce quartier fait l’objet d’une attention toute particulière. Il nous revient régulièrement que des jeunes posent des problèmes aux commerçants du square des Vétérans Coloniaux, mais surtout aux riverains de l’avenue Léon Debatty. J’ai récemment demandé à la zone de police Midi de renforcer la sécurité, et donc augmenter le nombre patrouilles de police dans ce quartier.