Bruxelles Le suicide de Dieumerci Kanda a entièrement été immortalisé par les caméras de surveillance…

Le drame suscite la polémique. Dieumerci Kanda, d’origine angolaise, est décédé mercredi passé après s’être pendu dans une cellule du commissariat central d’Anderlecht, situé rue Démosthène. Le quadragénaire avait pour rappel fait l’objet d’une arrestation administrative pour ivresse publique, lui qui s’était ce matin-là rendu vers 7 h 30 au poste de police en vue d’obtenir une déclaration de vol de carte d’identité. À la recherche d’un emploi, ce papa de quatre enfants en avait besoin pour pouvoir se présenter à ses rendez-vous administratifs.

Manifestement très expressif suite à sa soirée mouvementée, Dieumerci Kanda a été privé de sa liberté vers 7 h 45 et placé - tout seul - dans une cellule collective. La sœur de la victime, Nicole Kanda, a tenu à préciser à cet égard que son frère était "un bon vivant qui aimait sortir et s’amuser avec ses amis. Mais il était loin d’être alcoolique et n’était pas le moins du monde un homme violent".

Sur le coup de 8 h 09, sa femme, Bijou Nkombe, a alors reçu un coup de fil de la police l’informant que son mari avait été privé de liberté "pour une heure ou deux heures maximum". Et de préciser : "Je me suis dit tant mieux car il est en sécurité là-bas."

La suite ? À 11 h 35, la pendaison de Dieumerci Kanda a été détectée. La victime a aussitôt été secourue par les policiers et l’alerte aux secours a simultanément été lancée. Mais il était déjà trop tard. Le cerveau de la victime avait été privé d’oxygène pendant trop longtemps et elle avait sombré dans le coma .

Selon nos infos recoupées à bonnes sources et sachant que la scène qui a coûté la vie à Dieumerci Kanda a été captée en intégralité par une caméra de surveillance, nous pouvons vous affirmer qu’il est resté pendu une vingtaine de minutes avant que le drame ne soit décelé au sein du dispatching où les images étaient retransmises. Au préalable, la préparation de sa pendaison - exécutée à l’aide d’un T-shirt - aurait également duré une dizaine à vingtaine de minutes.

Les policiers auraient-ils dû ou pu déceler plus tôt le drame ? Telle est en conséquence la véritable question à laquelle devra répondre l’instruction judiciaire qui a été ouverte pour faire éclaircir les circonstances du décès. Et pour cause, contrairement à ce que la rumeur dit, il est certain que Dieumerci Kanda n’a pas été violenté par les policiers comme en attestent les images des caméras de surveillance. Aucune trace de coup n’ayant en plus été relevée par le médecin légiste sur son corps. Autrement dit : aucune tierce personne n’a aidé la victime à se pendre.

Contactée par nos soins, la défense, Me Alexis Deswaef, nous a quant à elle précisé s’être constituée partie civile pour la femme de la victime des chefs de traitement inhumain et dégradant, détention arbitraire, abus d’autorité, non-assistance à personne en danger, coalition de fonctionnaires, racisme et discrimination et "toute autre infraction qu’il vous plaira de retenir". Celui qui est également le président de la Ligue des droits de l’homme estime que "il y a clairement une faute qui a été commise pour qu’on en arrive à un tel drame". Alexis Deswaef s’interroge aussi sur "la légalité" de cette arrestation administrative. "Était-ce la seule option dont disposaient les policiers ? N’aurait-on pas pu lui demander de repasser plus tard ou demander à sa femme de venir le chercher ?"