Bruxelles

"Le meurtre était la seule issue pour assurer son impunité", affirme l'arrêt de la cour d'assises.

Le jury de la cour d'assises de Bruxelles a reconnu l'accusé, Zouhair Chakiri, coupable de vol avec circonstance aggravante de meurtre, hier soir vers 21 h 45.

Zouhair Chakiri, un Marocain de 38 ans, est donc coupable d'avoir commis un vol au préjudice de Jephté Vanderhoeven, un Ucclois de 56 ans, avec la circonstance qu'il a volontairement tué cet homme pour faciliter le vol, en février 2014. Le jury a suivi le réquisitoire de l'avocat général Yves Moreau et les plaidoiries de la partie civile, représentée par Me Joëlle Noël.

Ainsi, l'accusé a été reconnu coupable des chefs d'accusation pour lesquels il avait été renvoyé devant la cour d'assises, à savoir un vol avec la circonstance aggravante qu'un meurtre a été commis pour en assurer l'impunité ou assurer la fuite.

"Le meurtre était la seule issue pour assurer son impunité", affirme l'arrêt de la cour d'assises. Le jury n'a donc pas retenu la thèse de la défense, Me Dimitri de Béco et Me Caroline Heymans, selon laquelle il s'était agi d'un meurtre suivi d'un vol. Les jurés ont estimé que la culpabilité de l'accusé, tant pour le vol que pour le meurtre, était établie au-delà de tout doute raisonnable.

Ils ont retenu que Zouhair Chakiri avait avoué la matérialité des faits, que des empreintes de ce dernier avaient été retrouvées dans la chambre à coucher de la victime, mais également que des traces ADN de celui-ci avaient été décelées sur le ruban adhésif qui a servi à attacher la victime.

Les jurés ont encore tenu compte de l'enquête de téléphonie. Celle-ci avait révélé que le GSM de l'accusé avait activé des pylônes proches du domicile de la victime la nuit des faits.

Concernant l'homicide en particulier, le jury a pris en considération les rapports des médecins légistes. "La répétition des blessures par arme tranchante ne peut que démontrer son intention de tuer. Les médecins légistes ont également affirmé que la victime a dû atrocement souffrir et exprimer sa douleur", mentionne l'arrêt de la cour d'assises.

Le 3 février 2014 vers 12h30, la police de la zone Uccle/Watermael-Boitsfort/Auderghem était intervenue au domicile de Jephté Vanderhoeven, avenue de Messidor à Uccle. Sa femme de ménage venait de le découvrir inanimé dans son lit, dont les draps étaient maculés de sang. Ses bras étaient liés dans le dos et sa bouche était bâillonnée.

Zouhair Chakiri était en aveu d'avoir porté au moins deux à trois coups de couteau à Jephté Vanderhoeven et d'avoir ainsi causé sa mort. Il avait expliqué que la nuit du 1er au 2 février 2014 ce dernier l'avait invité dans son appartement, alors qu'il se rendait chez une amie habitant le même immeuble. Ils avaient consommé beaucoup d'alcool et de la cocaïne avant qu'une dispute n'éclate entre eux, a-t-il raconté.

La sœur de la victime avait précisé qu'il arrivait régulièrement à Jephté Vanderhoeven d'accueillir chez lui des hommes avec qui il entretenait des rapports sexuels, sans lendemain.