Bruxelles

Selon les libéraux, la destruction forcerait les navetteurs à passer dans Auderghem lorsqu’ils tentent de rejoindre le centre de la capitale.

Présent mardi soir à la présentation de perspective.brussels sur le réaménagement de Hermann Debroux, le MR d’Auderghem s’oppose à une destruction "irréfléchie" du Viaduc Herrmann-Debroux et déplore le manque d’alternatives offertes par le projet en termes de mobilité.

"Le projet présenté aux citoyens est esthétiquement séduisant et verdoyant. Toutefois, il pèche par son absence de fonctionnalité et de pragmatisme. La destruction du viaduc, présentée comme acquise, ressemble davantage à un caprice politique par souci d’esthétisme plutôt qu’à une réponse à la réalité d’Auderghem. Actuellement, le viaduc permet à bon nombre des 35.000 véhicules qui le franchissent chaque jour de passer "au-dessus" de la commune sans y pénétrer. La destruction forcerait ces navetteurs à passer dans Auderghem lorsqu’ils tentent de rejoindre le centre de la capitale, explique Jeremy Van Gorp, président du MR d’Auderghem et tête de liste aux élections communales. Ceci mènerait à un accroissement des embouteillages et ce d’autant plus que le nouvel axe (post-viaduc) serait coupé par des feux (au niveau du croisement avec Boulevard du Souverain par exemple) et par une série de passages piétons. Tout comme c’est le cas actuellement chaussée de Wavre, les navetteurs chercheront des voies alternatives et la circulation se répandra dans les petites rues d’Auderghem. Le projet n’est selon nous pas viable dans son état actuel car il ne propose pas suffisamment d’alternatives en termes de mobilité."

De son côté, Martine Maelschalck, deuxième sur liste MR à Auderghem, déplore le manque d'alternatives dans ce vaste projet. "Le projet que l’on nous a présenté traduit une volonté politique imprégnée d’une idéologie hostile à la voiture. Au lieu, par exemple, de connecter le futur parking de dissuasion avec la prolongation du métro Hermann-Debroux afin de garantir un accès direct et rapide à la capitale, le projet prévoit une déviation du tram 94, une option qui n'est ni pratique ni conviviale. Bien sûr, nous sommes favorables à l’idée de projets ambitieux et nous souhaitons faire d’Auderghem une commune pionnière en matière de mobilité intelligente, fluide, connectée, durable… Toutefois, il ne faut pas prendre le problème à l’envers. Sans garanties en matière de mobilité (métro, parkings de dissuasion, gestion du trafic), sans timing, sans étude d'incidence et sans avoir envisagé de solutions plus simples et très certainement moins onéreuses, nous ne pouvons soutenir la démolition du viaduc Herrmann-Debroux. Nous ne voulons pas voir refaire les erreurs trop souvent commises en matière de mobilité, qui consistent à mettre les gens devant le fait accompli et à faire assumer aux citoyens les conséquences d’une politique que nous jugeons irréaliste", explique-t-elle.

Enfin, le MR d’Auderghem regrette qu’il n’y ait pas un projet alternatif qui viserait dans le court terme à entretenir et à embellir le viaduc comme cela a déjà été réalisé dans d’autres capitales en privilégiant l’art urbain et en créant un espace vert convivial.

De son côté, Alain Lefebvre (Défi), échevin de l'Urbanisme à Auderghem, précise que rien n'a encore été décidé dans ce projet et que la phase des consultations est toujours en cours. "Un premier volet du projet définitif sera proposé au gouvernement bruxellois après les consultations, avant d'être soumis à l'enquête publique. De plus, nous invitons les autres régions à prendre des alternatives en aménageant des parkings de dissuasion à proximité des gares, à favoriser le covoiturage, le télétravail, et le développement de liaisons cyclables qui devront être opérationnels une fois que le viaduc sera démoli. C'est d'ailleurs le MR qui a les cartes en main pour faire en sorte que les travaux du RER avancent au plus vite, et pour réfléchir à une fiscalité automobile qui prenne davantage en considération l'impact des voitures sur l'environnement et sur la qualité de vie des riverains", conclut Alain Lefebvre.

Une nouvelle réunion d'informations se tiendra au centre culturel d'Auderghem le 20 juin à 20h.