Bruxelles La fermeture du viaduc Herrmann-Debroux relance le débat sur la place qui doit lui être réservée dans le futur.

La situation aux alentours du viaduc Herrmann-Debroux était moins terrible que ce qui avait été annoncé ces derniers jours. Pour rappel, suite à une inspection approfondie de l’intérieur de la structure, Bruxelles Mobilité a pris la décision de fermer préventivement la portion du viaduc située entre la station de métro Beaulieu et la chaussée de Wavre, et ce, jusqu’à jeudi matin au moins.

Une situation pas si catastrophique qui a relancé le débat concernant la suppression pure et simple du viaduc. Une idée qui fait son chemin, depuis samedi matin, dans la tête des habitants d’Auderghem les plus touchés par les nuisances qu’il peut engendrer. Notamment des nuisances sonores. "Depuis que le viaduc est fermé, c’est le bonheur au niveau sonore. C’est presque aussi calme que lors d’une journée sans voiture", raconte Oliver, qui habite juste à côté du viaduc. "Depuis samedi, on est au calme ! D’habitude, la circulation crée un bruit incroyable", ajoute une autre riveraine, selon qui le viaduc provoque aussi des dégâts pour la santé et en matière de pollution. En ce qui concerne Frédéric, c’est l’aspect visuel qui est le pire. "Ce n’est pas une belle infrastructure. Quand on voit ce qu’ils ont fait à Reyers, ce serait super pour la vue de faire cela ici aussi."

En effet, le viaduc coupe complètement la commune en deux parties qu’il est difficile de traverser lorsque l’on est piéton ou cycliste. "Quand on est à vélo, si l’on veut prendre la piste cyclable du bon côté, il faut faire tout le tour", déplore Sarah.

Pour ces riverains, la suppression du viaduc pourrait être envisagée, mais pas n’importe comment. "Aujourd’hui, la situation n’est pas si terrible parce que les gens ont bien anticipé et qu’il y a des policiers qui gèrent la situation, mais ils ne pourront pas toujours être présents", ajoute Frédéric. Les habitants souhaitent des propositions concrètes avant que quoi que ce soit soit mis en œuvre. L’idée d’un boulevard urbain est sur beaucoup de lèvres. "On pourrait se calquer sur le projet de Reyers. Cela permettrait de faire cohabiter les piétons, les cyclistes, les bus, les trams et il y aurait des connexions où les gens peuvent traverser", indique Sarah.

Pour une autre partie de la population auderghemoise, cependant, le viaduc ne doit pas disparaître. "Quand on voit la situation aujourd’hui, je pense qu’il ne faut pas que le viaduc disparaisse. Déjà en temps normal, mon bus est toujours en retard pour emmener mon fils à l’école. Si l’on supprime le viaduc, il y aurait toujours autant de voiture qu’aujourd’hui et ce serait catastrophique", raconte Nicky. Et Joëlle est du même avis. "Ce serait une très mauvaise idée de fermer le viaduc. Les rues qui sont d’habitude calmes seraient prises d’assaut et deviendraient vite engorgées. Je voudrais que ma commune reste un endroit tranquille. Lorsque l’on habite ici, on accepte le viaduc. Tout le monde en a besoin", explique-t-elle.

Un point de vue qui diffère fortement selon l’endroit de la commune où l’on se trouve puisqu’Oliver, lui, n’a remarqué qu’une augmentation limitée de la circulation locale dans sa rue. "Nous ne sommes impactés que depuis samedi, je n’ai peut-être pas encore tout le ressenti de ce que cette situation génère." Pour les commerçants aussi, il est trop tôt pour juger l’influence qu’une destruction du viaduc pourrait avoir sur leur chiffre d’affaires.