Bruxelles Dans cinq ans, un centre de convention signé par l'architecte Jean Nouvel ouvrira ses portes sur le plateau du Heysel, à Laeken.

La Région bruxelloise disposera d’un centre de congrès digne de ce nom dans cinq ans, a annoncé le bourgmestre bruxellois Philippe Close (PS), hier à l’occasion de la présentation de la maquette du projet par l’architecte Jean Nouvel, sur le plateau du Heysel. Sur près de 50.000 m2, l’édifice pourra accueillir plus de 5.000 participants à l’un ou l’autre congrès, pour un concert ou toute autre manifestation, dans des conditions forcément idéales.

Plus en détail, le rez-de-chaussée proposera un auditorium multifonctionnel pouvant atteindre de 800 places, le premier étage accueillera les deux grandes salles plénières, l’une de 1.500 places, l’autre de 3.500 places. "Flexibles, elles sont pensées comme de véritables boîtes à outils capables de se plier à des utilisations différentes", précise l’architecte Jean Nouvel. Au deuxième étage, un autre hémicycle de 600 places, sécable en deux. Pour lier le tout, un atrium bardé d’escalators, équipé de bars et restaurants et doté d’une passerelle reliant le centre de congrès au Palais 2.

Développé par le consortium CFE/Confinimmo, ce complexe comportera également un hôtel de 250 chambres avec vue sur l’Atomium, attenant au centre de congrès. Cet hôtel devrait être géré par le NH Group. L’ensemble s’étendra sur près de 50.000 m2. De la belle ouvrage - sur papier en tout cas - signée par un architecte de renommée internationale qui permettra à la capitale de l’Europe de se mettre à niveau sur le marché du congrès international, gros pourvoyeur d’un tourisme d’affaires riche en retombées économiques pour une région comme Bruxelles. Tant en dépenses directes qu’en emplois liés à ce type d’activité.

"3.000 emplois minimum seront créés par le projet Neo", promet d’ailleurs Philippe Close à ce sujet. "D’autres villes comme Paris - 1 milliard d’euros de retombées économiques -, Barcelone voire une plus petite ville comme Nancy (70 millions) ont eu cette volonté et cette audace. Leur centre de congrès a offert un véritable coup de fouet aux différents secteurs (commerce, horeca, etc.). Pour simple exemple, le dernier World Mobile Congress à Barcelone a généré près de 500 millions d’euros pour la ville et 13.000 emplois temporaires grâce à plus de 100.000 visiteurs !" Bruxelles se classe d’ailleurs sur la deuxième marche du podium mondial en matière de congrès financés par des organisations internationales, la présence des institutions européennes y fait beaucoup.

L’investissement public pour cette première tranche du projet Neo2, qui englobe un réaménagement complet du plateau du Heysel, est à la hauteur des ambitions publiques : aux alentours de 150 millions d’euros, "à quelques millions près", nous confie un initié. Le ministre-président Rudi Vervoort (PS) y voit ainsi "la preuve que la Région et la Ville sont cohérentes et ambitieuses pour la capitale du pays et de l’Europe qui verra enfin se déployer un quartier de vie et un pôle économique digne de l’envergure de Bruxelles et des Bruxellois, et au pied de l’Atomium."