Bruxelles Une prime aidera les ménages précarisés à racheter un véhicule admis dans la zone basse émission qui entre bientôt en vigueur.

Les automobilistes circulant en Région bruxelloise ne peuvent désormais plus l’ignorer : une zone basse émission (LEZ) entrera en vigueur le 1er janvier prochain. Les véhicules les plus polluants en seront chassés par un système d’amendes. Les premières interdictions concerneront les véhicules diesel de norme Euro 0 et Euro 1, soit ceux immatriculés avant 1997. L’objectif de cette mesure portée par la ministre bruxelloise de l’Environnement Céline Fremault (CDH) est de réduire la pollution et d’améliorer la qualité de l’air en ville.

Un objectif qui n’est contesté par aucun groupe politique représenté au Parlement bruxellois. Même s’il souligne que le volet santé demeure la priorité principale, le député Ahmed El Khannouss (CDH) plaide pour que l’on tienne compte des implications sur le plan social de cette mesure. Également premier échevin à Molenbeek, l’humaniste explique faire face à l’inquiétude de certains ménages précarisés. "Forcément, la catégorie la plus impactée par l’instauration de la zone basse émission est la plus fragilisée. Les familles aux revenus conséquents n’ont généralement pas des véhicules vieux de plus de 20 ans."

Des mesures d’accompagnement sont déjà prévues comme la prime Bruxell’Air qui permet de bénéficier d’un abonnement aux transports publics en échange d’une restitution de la plaque d’immatriculation.

"Mais cette prime ne tient pas compte des familles qui ne disposent que d’un seul véhicule indispensable au fonctionnement du ménage", estime le député-échevin molenbeekois qui plaide pour la mise en place d’une autre prime qui serait versée en cash aux familles qui procèdent à la destruction de leur vieux véhicule dans un centre agrée.

Pour obtenir cette sorte de prime à la casse d’une valeur comprise entre 1.000 et 1.500€, deux conditions seraient requises. Tout d’abord, il faudrait que le véhicule jugé trop polluant pour circuler dans la zone basse émission soit le seul possédé par le ménage bénéficiaire. La prime devrait également obligatoirement servir à l’achat d’un véhicule propre répondant aux normes Euro 4 et plus. "En 2025, seuls les véhicules Euro 3 seront encore admis dans la zone basse émission. L’octroi de cette prime ne serait donc possible qu’à condition d’acheter un véhicule supérieur d’une classe à l’Euro 3. Il est évident que l’ajout de cette prime contribuera au succès de la LEZ et à l’adhésion par tous les Bruxellois de cette mesure essentielle à leur santé", fait valoir Ahmed El Khannouss.

Selon lui, la ministre Fremault qui fait partie du même groupe politique est ouverte à une modification de l’ordonnance pour intégrer cette prime. "Le budget bruxellois le permet car le nombre de véhicules concernés la première année est bas. Et il est de toute façon possible de travailler avec une enveloppe fermée", conclut-il.