Bruxelles

La Ville souffre de la suppression de logements au profit d’hébergements touristiques illégaux.

Ce vendredi matin, la Cellule contrôle du département de l’Urbanisme de la Ville de Bruxelles a placé des scellés sur les portes d’un immeuble situé au coin de la rue des Bogards et de la rue du Midi. En cause ? Le bâtiment abritait en réalité un hébergement touristique illégal. Précisément, un hébergement touristique propose au moins une nuit à une clientèle de passage en échange d’une rémunération. Si la pratique n’est pas interdite, elle doit cependant recevoir l’aval des autorités régionales compétentes.

Si ces bâtiments sont illégaux, c’est parce qu’ils n’ont pas reçu l’autorisation de la Région pour créer un hébergement touristique. Et pour disposer de cette autorisation, les propriétaires doivent répondre aux normes d’urbanisme et de sécurité imposés par la commune. "On ne peut pas décider de transformer son logement en un hébergement touristique du jour au lendemain. Cela supprime des possibilités de logement pour les Bruxellois et peut être dangereux pour les touristes", indique le cabinet du ministre-président Rudi Vervoort (PS). A la Ville de Bruxelles, on parle de près de 1.500 logements supprimés au profit de ce type d’hébergement. Ce chiffre arrive à 6.000 sur l’entièreté du territoire de la Région.

C’est un signal fort qu’a envoyé l’échevin de l’Urbanisme Geoffroy Coomans de Brachène (MR) car la pose des scellés n’intervient qu’en tout dernier recours lorsqu’un hébergement touristique illégal est découvert. Cela représente aussi une manière pour la Ville de lutter contre une des causes du manque de logements pour les Bruxellois. « Les premières victimes sont les Bruxellois eux-mêmes. Les conséquences sur leur qualité de vie, leurs finances, leur mobilité et sur leur quotidien sont énormes », explique l’échevin.

"Il n’est pas possible de transformer du logement en établissement hôtelier en Région bruxelloise saut dans certains cas particuliers. Par exemple en rétablissant la même superficie de logement dans un autre immeuble situé dans le périmètre immédiat. Cette transformation est dans tous les cas toujours soumise à l’obtention préalable d’un permis d’urbanisme. Chaque propriété dispose d’une affectation claire, il convient de les respecter ou de demander un changement ou une transformation", explique l’échevin.

Depuis fin 2016, la Région a mis en place une cellule inspection qui vérifie que ce type d’hébergement dispose bien des autorisations nécessaires. Depuis, la cellule inspection a ouvert près de 700 dossiers. Parmi ceux-ci, 270 hébergements touristiques ont retiré leur annonce d’un site internet, certains se sont mis en ordre mais d’autres ont été dirigés vers la cellule qui s’occupe des amendes administratives (elle peuvent aller de 250 à 25.000€).

"Il y a de nombreuses étapes avant d’en arriver à poser des scellés. C’est une mesure très invasive, nous ne prenons pas cela à la légère", souligne le cabinet du ministre-président. En effet, une mise en demeure est d’abord envoyée et une audition est organisée afin que le propriétaire puisse faire valoir ses arguments, notamment.

Au-délà de la transformation de logements au détriment des Bruxellois, c’est aussi le secteur horeca qui est impacté négativement par ce genre de pratiques puisqu’il est soumis à des contrôles, des taxes spécifiques, des inspections du Siamu et des lois sociales.