Bruxelles

Aujourd’hui il reste cinq distributeurs dans l’hypercentre de la capitale.

La semaine dernière, la banque KBC de la rue du Midi a déménagé, entraînant la fermeture des quatre guichets ainsi que des deux distributeurs situés sur la Grand-Place.

“Avec ce déménagement, il ne nous reste plus que cinq distributeurs dans le centre”, déplore Jean, un riverain. “En une semaine, on est passés de onze appareils à cinq… dont seulement un accessible 24 h sur 24.” Jean fait partie de ces riverains qui, en plus des travaux du piétonnier, subissent les conséquences qui vont avec : banques qui déménagent, magasins qui ferment, etc.

Un ATM Beobank dans la station Bourse, un distributeur Belfius sur le boulevard Anspach à hauteur de l’Ancienne Belgique, et trois appareils dans la banques ING à côté des galeries de Saint-Hubert… Ce sont les cinq automates qui demeurent dans le très touristique hypercentre de la capitale aujourd’hui. Ce phénomène accompagné de commerces qui grouillent et de touristes assoiffés d’Atomium miniatures, et de casquettes ornées du Manneken Pis, et on se retrouve avec des files kilométriques devant chaque distributeur.

“Depuis la semaine passée, je ne sais pas trop où envoyer ma clientèle quand elle n’a pas de sous, explique Louise, vendeuse dans un petit magasin de bijoux. C’est un problème dans le centre, l’offre de distributeurs ne répond absolument pas à la demande.”

À tel point que les supermarchés du coin deviennent les nouvelles banques. “Nos clients nous demandent de plus en plus de retirer de l’argent en plus de leurs achats”, témoigne une caissière du Delhaize.

Si ce phénomène impacte fortement les riverains, il en va aussi de la santé touristique de Bruxelles, dont le centre est le point d’ancrage. “On a de plus en plus de touristes qui rentrent complètement perdus dans le bar pour nous demander où trouver des automates”, explique Jan, gérant du bar l’Archipel. “Peut-être que la situation évolue avec les mentalités… C’est vrai que les gens payent de plus en plus par carte, mais pour les touristes par exemple ce n’est pas très pratique de ne pas avoir d’argent sur eux. Et clairement il n’y a pas assez d’ATM dans le centre de Bruxelles, ça devrait être comme dans d’autres villes européennes, où il y a un distributeur à chaque coin de rue.”

Le problème a été évoqué ce jeudi lors du Collège communal.


Une différence accrue du nombre de distributeurs entre les communes

La commune d’Ixelles compte trois fois plus de distributeurs qu’à Molenbeek.

Récemment, Jef Van Damme (SPA), député régional, a interpellé Guy Van Hengel (Open- VLD), ministre bruxellois du Budget et des Finances, à propos de la diminution du nombre de distributeurs sur le territoire régional bruxellois. “Je suis inquiet de voir que le nombre d’automates diminue et, ce plus drastiquement dans certaines communes que dans d’autres”, explique le député.

Parallèlement au problème général de Bruxelles, Jef Van Damme souligne la forte inégalité qui existe entre les différentes communes bruxelloises. Pour appuyer son interpellation, le député compare notamment la commune de Molenbeek qui compte 36 distributeurs pour 96.629 habitants, à celle d’Ixelles, qui en compte 125, soit le tiers, pour 86.244 habitants.

“Je conçois qu’il y ait une raison commerciale derrière une telle différence, puisqu’Ixelles est une commune très convoitée mais le problème est tout de même trop important à Molenbeek. Les habitants se retrouvent très souvent avec des files énormes devant les automates, ou avec des distributeurs vides durant tout le week-end, ça ne va pas.” Dans sa réponse, Guy Van Hengel a souligné l’évolution des mentalités, tant au niveau des banques qu’au niveau des consommateurs. “La diminution du nombre de distributeurs automatiques pourrait s’expliquer en partie par un changement de politique des banques. Les paiements électroniques et des pratiques telles que le home banking sont de plus en plus répandus.”

Quant à la disparité accrue du nombre d’automates selon les communes, le ministre l’attribue à une différence de régime fiscal. “Il y a eu des réductions du nombre de distributeurs dans les communes où les taxes sur ces appareils sont moins élevées que dans les communes où les taxes sont plus élevées”, conclut-il.

Jef Van Damme plaide pour la mise en place d’une loi qui obligerait chaque commune à prévoir un service minimal de distributeurs par nombre d’habitants. “C’est pour moi un service de base qu’un habitant devrait avoir dans sa commune. La société doit être capable de procurer ce service.”

MdK