Bruxelles La DH a testé de se déplacer dans les rues de la capitale toutes sirènes hurlantes. Résultat : les automobilistes n’ont pas toujours les bons réflexes.

Ce n’est pas spécialement difficile de se déplacer dans les rues de Bruxelles un jour de milieu de semaine, fin de matinée, au début des vacances d’été. Pourtant, ce jeudi matin, en testant la rapidité de déplacement de véhicules prioritaires du Siamu pendant seulement quelques minutes, le chauffeur du camion a été bloqué à plusieurs reprises. Mettant considérablement à mal son temps d’intervention dans des situations d’urgence où chaque seconde compte.

Le principal obstacle auquel les chauffeurs de camion de pompiers sont confrontés est sans conteste le comportement des usagers de la route. Aussi bien les piétons qui traversent en dernière minute que les cyclistes avec de la musique dans les oreilles ou les automobilistes qui ne savent pas comment réagir, qui stressent et qui entravent la circulation en faisant pire que mieux. En effet, il ressort d’une étude de Vias, l’institut belge de la sécurité routière, qu’un conducteur sur quatre ne sait pas quoi faire quand un véhicule prioritaire approche.

Depuis le camion de pompier, on remarque toutes sortes de réactions étranges. Tantôt un automobiliste accélère devant le camion alors qu’il a de la place sur la droite pour se rabattre, tantôt un autre freine net sur sa bande devant le camion qui est obligé de le contourner ou de s’arrêter. “Un tel camion est très lourd et s’il doit s’arrêter il perd beaucoup de temps pour accélérer ensuite et retrouver sa vitesse de croisière”, explique le Major Laurent Ledeghen, responsable de la cellule mobilité au Siamu. Et cela représente de précieuses secondes ou minutes de perdues. À Bruxelles, l’aide médicale urgente met 7 minutes maximum pour rejoindre n’importe quel endroit de la Région, les pompiers en mettent dans l’idéal huit.

Mais le comportement des automobilistes n’est pas le seul facteur ralentissant l’arrivée des véhicules prioritaires. Les aménagements de la voirie (dispositifs ralentisseurs) ou certaines rues trop étroites empêchent les véhicules d’avancer à un rythme correct. À Bruxelles, les chantiers sont aussi particulièrement problématiques pour les services d’urgence. “Ce ne sont pas tant les chantiers en tant que tel qui posent problème mais c’est le fait qu’ils augmentent la congestion de la circulation sur les axes prioritaires que nous utilisons le plus souvent”, souligne le Major.

Un conducteur sur quatre ne sait pas quoi faire

Au cours du mois dernier seulement, six Belges sur dix ont dû se mettre sur le côté pour laisser passer un véhicule prioritaire. Pourtant, en pareilles circonstances, un quart des conducteurs ignorent ce qu’il faut faire. Et lorsque l’on sait que chaque mois en Belgique, on dénombre six blessés ou tués dans des accidents impliquant des ambulances, il est capital que les usagers de la route se montrent plus vigilants.

Vias, l’institut belge pour la sécurité routière a donc mené une enquête afin de connaître les habitudes des automobilistes dans pareilles situations. Il en ressort que 15 % des Belges estiment que la meilleure manière de laisser passer un véhicule prioritaire sur l’autoroute est de tous se déporter sur la droite et de libérer la bande de gauche. Or, ce n’est pas le cas ! “La façon la plus efficace de laisser passer les services de secours est de libérer un couloir entre les deux bandes les plus à gauche”, explique Vias.

À noter également que les véhicules prioritaires ont le droit de dépasser les limitations de vitesse, même dans une zone 30. Ils sont également autorisés à passer au rouge à un carrefour à condition de marquer l’arrêt. Ces droits spécifiques aux véhicules prioritaires ne sont d’application que lors d’une intervention urgente, c’est-à-dire quand les gyrophares bleus sont allumés et que la sirène hurle.

“Pour nos chauffeurs, l’important est d’arriver rapidement sur place. Pour cela, nous devons compter sur le civisme et les bons réflexes des conducteurs. Mais eux doivent pouvoir compter sur une politique de mobilité cohérente. Le problème doit être considéré dans son ensemble, avec les questions de congestion, des chantiers et des aménagements de voirie”, conclut le Major Laurent Ledeghen.

Cinq conseils pour fluidifier le trafic:

- Pas d’oreillette ni de musique forte

- Ne pas freiner brusquement mais se déporter vers l’extérieur pour ...

- ... créer un couloir de sécurité

- Ne pas s’engager dans un carrefour - Ne pas s’arrêter sur la route ou dans un virage.