Bruxelles Interparking annonce une baisse de fréquentation de 20 % de ses parkings dans l’hypercentre depuis la piétonnisation.

Depuis la mise en place du piétonnier, les automobilistes boudent les parkings de l’hypercentre, devenus peu accessible. Le patron d’Interparking, Roland Cracco, fait état dans les colonnes de La Capitale, d’une chute d’une moyenne de 20 %.

"On constate un transfert entre parkings en fonction de leur facilité d’accès", nous explique Roland Cracco, administrateur-délégué d’Interparking. "Le centre-ville est déserté au profit des parkings de la Petite ceinture ou au-delà. Les gens ne font plus l’effort de venir et vont dans d’autres quartiers de la Région", s’inquiète-t-il.

Selon les chiffres d’Interparking tous leurs parkings à proximité du piétonnier ont perdu en moyenne 20 % de fréquentation par rapport à l’année passée à la même période. Les parkings Monnaie, De Brouckère, Grand-Place, et parking 58 sont concernés. "Le parking Écuyer a lui perdu plus de 50 % de ses clients", déplore Interpaking qui a lancé une campagne de communication pour faire savoir que ses parkings étaient toujours accessibles.

Un témoignage qui pose question alors que la Ville de Bruxelles a toujours le projet de construire quatre parkings souterrains supplémentaires autour du piétonnier lesquels seraient financés et exploités par le privé (place du Nouveau Marché aux Grains, place de l’Yser, place Rouppe et Brigittines). L’appel d’offres est en cours, Interparking y a participé. Il est possible que la Ville de Bruxelles arrête ses choix pour le 17 septembre. "Construire un nouveau parking est un challenge dans la situation actuelle", ose Roland Cracco qui refuse de commenter la situation plus avant tant que l’appel d’offres est en cours.

Pour l’échevine de la Mobilité de la Ville de Bruxelles, Els Ampe (Open VLD) ces chiffres ne remettent pas en cause la nécessité de construire ces parkings. "Ils sont toujours nécessaires. Nous voulons faire du piétonnier une zone de détente pour les habitants mais aussi une zone socio-économique florissante pour le commerce. L’accessibilité est essentielle, y compris le week-end, lorsqu’il y a moins de transports en commun. Il y a également une vraie attente des riverains alors que nous allons supprimer beaucoup de places en surface", défend l’échevine. Pour elle, cette baisse de fréquentation est due à une mauvaise communication et elle est temporaire. "Les messages dans les tunnels indiquaient : Trafic de transit interdit . Du coup, certains automobilistes ont cru qu’ils ne pouvaient tout simplement plus se rendre dans le Pentagone. Nous avons rectifié le tir pour indiquer que les parkings et les magasins étaient accessibles", justifie l’échevine.

Reste qu’elle plaide pour qu’un système de téléjalonement soit rapidement mis en place par la Région. Cette dernière l’envisage pour 2018 et la fin des travaux définitifs du piétonnier.


Marie Nagy ( Ecolo):  "C’est paradoxal"

"On peut retenir que les efforts de signalisation et de télé jalonnement promis depuis longtemps, par la Ville et la Région, sont insuffisants. On peut aussi retenir le paradoxe de noter une baisse de fréquentation et la volonté affichée par la majorité de la Ville de construire quatre nouveaux parkings, pour lesquels Interparking a remis offre. C’est dire la rentabilité de cette affaire…"