Bruxelles Selon les professionnels du secteur, les cyclistes et usagers faibles ne sont pas assez sensibilisés à la problématique de l’angle mort.

On a jamais enregistré autant d’accidents impliquant un poids lourd en région bruxelloise que lors du premier trimestre 2018 !

En effet, la capitale connaît une augmentation considérable du nombre d’accidents corporels impliquant les poids lourds puisqu’on enregistrait dix-sept cas sur les trois premiers mois de 2017, contre vingt-huit sur la même période de cette année, soit une hausse de 64,7 %. Des statistiques communiquées par Vias (ex-institut belge de la sécurité routière), à l’occasion de la présentation baromètre de sécurité routière. Par poids lourds, on évoque ici tout véhicule à moteur destiné au transport de marchandises d’une masse maximale autorisée dépassant 3,5 t ou tracteur avec ou sans semi-remorque.

LE point d’attention qu’il convient encore de renforcer est la problématique de l’angle mort. "Il s’agit d’un véritable fléau qui peut provoquer de nombreux accidents entre des camions et des usagers faibles, dont les cyclistes, qui sont de plus en plus nombreux dans les rues de la capitale", explique Michael Reul, directeur de l’UPTR (Union professionnelle du transport et de la logistique).

"Nous avons déjà émis une série de propositions visant à entamer une campagne d’affichage aux stations de vélos partagés ou sur les camions de Bruxelles Propreté et des services communaux. Cela permettrait de sensibiliser les cyclistes et piétons à ce danger de tous les instants. Il n’y a pas de culture de l’angle mort à Bruxelles comme on peut la retrouver en Flandre", poursuit Michel Reul, qui tient toutefois à nuancer le constat selon lequel le nombre d’accidents impliquant des poids lourds est en hausse, puisqu’on enregistre une diminution annuelle au fil des ans dans la capitale.

Michel Reul est d’ailleurs à l’initiative de la première aire de réglage des rétroviseurs en région bruxelloise, inaugurée en juin 2015 par la secrétaire d’État en charge de la Sécurité routière Bianca Debaets (CD&V). "Il est important que les chauffeurs de camions, à partir de leur cabine située en hauteur, puissent bénéficier d’un champ de vision le plus large possible. Grâce à l’aire de réglage des rétroviseurs, les ajustements adéquats peuvent se faire de façon très précise. À côté d’une conduite défensive, que l’on préconise, des rétroviseurs bien réglés constituent le meilleur moyen d’éviter des accidents liés à l’angle mort", avait-elle commenté à l’époque.